Il y a quelques mois, ma fille de 16 ans a passé un examen d’anglais. Son professeur a donné aux élèves le choix d’écrire un essai en réponse à l’une des cinq questions posées. Elle a choisi la suivante: “Devrait-on enseigner la religion à l’école?” L’enseignant n’avait pas communiqué les questions à l’avance: sa réponse était donc totalement improvisée. Voici ses réflexions (que j’ai paraphrasé en me basant sur notre conversation, au cours de laquelle elle a ajouté des éléments qui ne figuraient pas dans son essai).
Tournez-vous vers votre gauche. Maintenant, tournez-vous vers votre droite. Les personnes qui vous entourent ont des valeurs qui découlent de leurs croyances — même les athées. Pour nous aider à mieux nous comprendre les uns les autres, je dirais qu’il y a trois raisons principales pour lesquelles on devrait enseigner la religion à l’école.
J’ai passé les dix premières années de mon enfance au Sénégal. Cela m’a permis d’être témoin des bonnes actions accomplies au nom de Christ. Des missionnaires catholiques français ont fondé certains des meilleurs hôpitaux et écoles du pays. Des missionnaires protestants et des ONG chrétiennes ont également contribué à de nombreux projets de développement, notamment dans les domaines de l’agriculture, des prêts aux petites entreprises et de l’aide aux enfants de la rue.
De plus, dès notre plus jeune âge, nos parents nous ont lu des biographies de missionnaires ayant servi partout dans le monde. Ils m’ont fait découvrir les efforts de Gladys Aylward pour mettre fin à la pratique du "foot binding" (bandage des pieds) en Chine; ceux de William Wilberforce pour abolir la traite transatlantique des esclaves; le courage d’Amy Carmichael, qui a sauvé des petites filles de l’exploitation sexuelle dans les temples hindous; ou encore celui de Lillian Trasher, qui a fondé le premier orphelinat d’Égypte. La liste est longue.
J’ai toujours fréquenté des écoles riches en diversité culturelle, linguistique et religieuse. Je parle trois langues, comme beaucoup de mes camarades. Enfants de parents immigrés, ils ont appris le français et l’anglais au Québec. Cette diversité m’a toujours semblé normale et elle a rendu la vie plus intéressante.
Certaines de mes amies portent le hijab. D’autres s’identifient comme transgenres. J’ai appris à les connaître et à les apprécier comme des êtres humains créés à l’image de Dieu. Je ne les crains pas et ne les considère pas comme une menace pour ma foi. En réalité, plus nous passons de temps avec des personnes différentes de nous, plus il nous est facile de les aimer. Nous ne pouvons pas aimer ce que nous ne connaissons pas. Jésus aimait ceux que sa culture considérait comme une menace pour sa pureté, et il nous enseigne à faire de même.
Voici ce que je retiens principalement des observations pleines de sagesse de ma fille: nos enfants sont toujours à l’écoute. Investissons dans leur vie en leur lisant de bons livres. Apprenons-leur l’empathie en les exposant à d’autres cultures. Et évitons de les enfermer dans une bulle chrétienne trop sécurisante. Comme le dit l’adage: “Préparez votre enfant à la route, et non la route à votre enfant.”
webinaire
Bien ou mal? L’éthique biblique dans un monde compliqué
Découvre le replay du webinaire du Dr. Vincent Rébeillé-Borgella et de Florent Varak enregistré le 27 janvier 2017.


Orateurs
F. Varak et V. Rébeillé-Borgella
