Le contentement face à nos faiblesses

      Orgueil et humilitéSouffranceCroissance spirituelle
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      « C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les insultes, dans les détresses, dans les persécutions, dans les angoisses pour Christ, car quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » – 2 Corinthiens 12.10

      Paul et l’humilité

      Voir 2 Corinthiens 11 et 12

      Chaque jour, alors que nous essayons de suivre Jésus, nous sommes sans arrêt confrontés à nos faiblesses physiques, émotionnelles, relationnelles, dans nos familles, nos lieux de travail, ou nos Églises. Nous sommes “sujets à la faiblesse” (Hé 5.2). Et cela nous décourage, parfois même nous exaspère.

      Mais l’un des dons précieux de 2 Corinthiens, c’est qu’à travers Paul, Dieu nous enseigne un des grands paradoxes d’une vie de foi: la grâce de Dieu est bien plus visible et bien plus savoureuse au sein de nos faiblesses que dans nos forces.


      Paul était très inquiet pour l’Église de Corinthe. Des "super-apôtres" s’étaient glissés au sein de cette assemblée. Ils n’étaient que des charlatans parasites qui s’étaient engouffrés dans le sillage de Paul et qui maintenant le calomniaient.

      Alors, Paul avait écrit cette lettre. Mais son souci premier n’était pas sa propre réputation. Il avait écrit parce que ces hommes détournaient la gloire de Dieu et mettaient les Corinthiens en danger en annonçant un faux évangile. Ils tentaient de discréditer Paul pour se donner à eux-mêmes plus d’importance. Cela a obligé Paul à condamner ces imposteurs et à opposer la doctrine, le caractère et le travail de ces gens à ce que lui, Paul, avait annoncé et vécu.

      Mais cette démarche était difficile pour lui. En se défendant, il avait le sentiment de parler “comme un fou” (2Co 11.23). À contrecœur, Paul fait une liste de révélations qu’il a reçues, de souffrances qu’il a endurées pour le bien des Églises et de l’Évangile, et il rappelle qu’il n’a jamais rien demandé aux Corinthiens sur le plan financier.

      Pourquoi Paul était-il si réticent à parler de ces choses? C’était bien plus qu’un inconfortable sentiment de gêne. Paul avait peur qu’en attirant l’attention sur ses dons, ses expériences, et sa capacité à résister, il amoindrisse la grâce de Dieu. C’est-à-dire qu’il avait peur de faire exactement ce qu’il reprochait à ces soi-disant "super-apôtres" de faire! Vanter ses propres mérites était extrêmement dangereux.

      À quel point était-ce dangereux? Faites le test vous-même. Quand vous lisez 2 Corinthiens, là où Paul fait la liste des coups qu’il a reçus, des lapidations, des emprisonnements, des naufrages, des dangers auxquels il a fait face, de la faim qu’il a connue, et des révélations incroyables que Dieu lui a faites, que faites-vous naturellement? N’êtes-vous pas tentés de vous comparer à lui? Ne regardez-vous pas sa foi, son intelligence, son endurance, son sens éthique en vous disant: “À côté de lui, je suis vraiment nul comme chrétien”?

      Voilà ce que Paul craignait. Parce que dans ces moments-là, nous avons tendance à détourner notre regard de Christ, à cesser de croire en la toute-suffisance de sa grâce. Nous nous mettons à comparer nos propres expériences et réalisations à celles des autres en pensant que c’est une base sérieuse pour obtenir l’approbation de Dieu.

      Notre nature déchue recherche toujours notre gloire personnelle. Nous voulons susciter l’admiration des autres. Nous aimons toutes les histoires de supers héros parce que nous rêvons d’en être un nous-même. Alors nous désirons que nos succès et nos forces soient vus et reconnus, et que nos échecs et nos faiblesses restent cachés. Et puisque les gens forts, compétents, à qui tout réussit sont généralement admirés des hommes, nous sommes tentés de croire que eux aussi impressionnent Dieu.

      C’est bien la dernière chose que Paul voulait que nous croyions. Il savait mieux que beaucoup que, pour mettre en valeur la grâce de Dieu, les réussites humaines ne forment pas le meilleur écrin. Les impuissances humaines le sont.

      Malgré tous ses succès, Paul se voyait comme le premier des pécheurs (1Tm 1.15). Sans la grâce de Dieu, lui donnant gratuitement la justification en Christ, tout ce que Paul avait fait était comme “des ordures” (Ph 3.8-9). Paul connaissait l’inefficacité de sa propre justice (Ph 3.6-9). Il savait qui l’avait conduit à la foi (Ac 9.5), qui l’avait appelé à devenir apôtre (Rm 1.1), qui l’avait envoyé pour faire des disciples parmi les nations (Rm 1.5), qui l’avait appelé à souffrir pour son nom (Ac 9.16). Oui, Paul était conscient qu’il avait travaillé plus dur que tout autre. Mais il savait aussi que cela ne venait pas de lui, mais de la grâce de Dieu qui était avec lui (1Co 15.10).

      Et l’une des raisons pour lesquelles il savait cela au plus profond de lui, c’est parce que Jésus l’avait corrigé. Sachant comment le péché existant en Paul pouvait réagir devant la puissance et les nombreux fruits de son ministère, Jésus lui avait envoyé une “épine dans la chair”, un “ange de Satan” pour le frapper (2Co 12.7). Pour Paul, cela serait un rappel constant de son entière dépendance à Jésus.

      L’amour et la sagesse de Dieu ne sont-ils pas extraordinaires? Il a utilisé un messager de Satan pour le bien de Paul! Ce fut assurément exaspérant pour ce démon. Jésus sait très bien comment livrer les démons “publiquement en spectacle” (Col 2.15).

      Mais, tout comme nous, Paul n’a pas immédiatement reconnu cette épine comme un cadeau. Il a demandé d’en être délivré. Mais Jésus lui a répondu:

      Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse.

      2 Corinthiens 12.9

      Cela apporta un éclairage tout nouveau dans la vie de Paul. En effet, à travers toute l’histoire de la rédemption, et ce jusqu’à l’apogée de la croix, Dieu révèle constamment sa puissance à travers les choses faibles du monde.

      C’est pour cela que Paul a pu dire:

      S'il faut se vanter, c'est de ma faiblesse que je me vanterai!

      2 Corinthiens 11.30

      Il est même allé un pas plus loin en disant:

      C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les insultes, dans les détresses, dans les persécutions, dans les angoisses pour Christ, car quand je suis faible, c'est alors que je suis fort.

      2 Corinthiens 12.10


      Comme il l’a fait pour Paul, le Seigneur nous a attribué certaines faiblesses. Avez-vous appris l’art du contentement face à ces faiblesses?

      Quand je dis "faiblesses", je ne parle pas de péchés:

      Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel pour vous soumettre à lui par ses désirs.

      Romains 6.12

      Il ne s’agit pas non plus de folie:

      Comme un chien retourne à ce qu'il a vomi, l’homme stupide reproduit sa folie.

      Proverbes 26.11

      Mais nous avons tous des limites, des maladies ou des handicaps (des “faiblesses”), des circonstances difficiles (“des insultes, des détresses, des persécutions et des angoisses”). Tout cela nous fait soupirer. Toutes ces situations semblent être, à première vue, des voleurs de joie. Pourtant, Dieu veut nous apprendre, à travers ce texte, qu’il nous les a données pour notre joie – oui, pour notre joie! – même quand c’est Satan qui nous frappe.

      Voilà le secret: plus vous êtes conscient de la grâce de Dieu, plus vous deviendrez humbles, priants, reconnaissants, patients, pleins de grâce, satisfaits et joyeux. Et nous sommes davantage conscients de la grâce de Dieu lorsque nous sommes faibles que lorsque nous sommes forts.

      Dieu utilisera les forces qu’il vous a données. Il s’est servi, de toute évidence, des forces de l’apôtre Paul. Mais si vous aspirez à connaître le contentement en Dieu, alors remerciez Dieu pour vos faiblesses. Car c’est à travers elles que vous, et d’autres autour de vous, allez réellement comprendre que la grâce de Dieu suffit.


      Jon Bloom

      Jon Bloom est Président du conseil d’administration et cofondateur du site DesiringGod. Il est également auteur plusieurs livres dont notamment Où est ta foi?, qui a été publié en français. Jon et sa femme ont cinq enfants, ils vivent à Twins Cities, aux États-Unis.

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