Les Écritures indiquent clairement que nous devons imiter Christ (1Jn 2.6; Ép 5.1-2). Cette transformation dans la vie du croyant s’opère à mesure que l’Esprit nous transforme à l’image de notre Seigneur (2Co 3.18). Les quatre Évangiles nous offrent un modèle pour marcher à la manière de Christ. Je me suis toutefois récemment demandé si nous devions imiter notre Sauveur en tout point.
En méditant sur cette question, j’ai réalisé qu’une réponse nuancée s’imposait. Jésus possédait une autorité unique, même dans son humanité. Il est Dieu, et nous ne le sommes pas. Il connaît les pensées et les intentions de tous. Notre connaissance est limitée. Lorsque nous prenons des passages narratifs des Écritures et cherchons à les appliquer à nos propres actions, nous pouvons nous fourvoyer.
Prenons, par exemple, Jésus renversant les tables des prêteurs d’argent dans le temple. J’ai entendu des croyants justifier leurs propres actions agressives envers les non-croyants en invoquant le fait que Jésus s’était mis en colère contre les pécheurs. Ils prétendent que nous devrions donc en faire de même.
Pourtant, je me demande si les évangélistes ont rapporté cet événement de la vie de Christ afin que nous puissions l’imiter. N’était-ce pas plutôt pour démontrer la sainte passion de Jésus pour un culte pur et sans mélange à son égard?
Christ a déclaré:
Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations, mais vous en avez fait une caverne de voleurs.
Marc 11.17
Le temple, le système sacrificiel et la Loi lui appartenaient tous. Nous devrions pleurer sa corruption. Et nous devrions œuvrer pour la pureté en marchant selon l’Esprit. Haïssons avant tout notre propre péché plutôt que de nous concentrer sur celui des autres. Christ ne nous charge pas d’utiliser les paroles ci-dessus comme un boulet de canon contre nos adversaires, qu’ils soient dans l’Église ou dans le monde. C’est son Église. Il a promis:
Je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.
Matthieu 16.18
La ligne de conduite la plus sage consiste donc à laisser notre Seigneur régner sur son royaume. Nous servons simplement selon ses ordres.
De même, les Évangiles rapportent de nombreux exemples où Jésus réprimande les pharisiens et les sadducéens dans les termes les plus forts possibles. En fait, il annonce le jugement de Dieu sur eux dans les malédictions de Matthieu 23. Ce faisant, il ressemble aux prophètes de l’Ancien Testament qui réprimandaient les violateurs de l’alliance et les nations voisines méchantes. Mais voici le problème: nous ne parlons pas avec l’autorité de ces hérauts du jugement de l’Ancien Testament, et nous ne possédons certainement pas celle du Dieu-homme infini.
Jésus connaissait le cœur de chaque personne (Jn 2.24). Il a discerné que, sans parler, les chefs religieux l’accusaient d’avoir pardonné les péchés du paralytique (Mc 2.1-11). Et il savait que Nicodème venait à lui avec sincérité, désireux de comprendre ses enseignements (Jn 4). Nous, en revanche, nous ne possédons pas une telle connaissance du cœur humain. Ce n’est pas à nous de séparer le bon grain de l’ivraie (Mt 13.24-43). Le Seigneur de la moisson promet de le faire à la fin des temps.
Nous trouvons l’argument le plus fort contre l’imitation unilatérale de notre Seigneur dans le dernier livre du Nouveau Testament. Dans Apocalypse 14.14-19, le Fils de l’homme exécute le jugement sur un monde rebelle. Le massacre des méchants est si grand que le sang atteint les brides des chevaux (v. 19). La scène devant l’apôtre Jean dépeint Dieu exerçant sa vengeance sur ses ennemis. Il accomplit ainsi la promesse de Romains 12.19:
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.
La vengeance, mes amis, représente la plus grande action que notre Seigneur se réserve. Nous n’avons pas le droit de faire comme Jésus.
Pourquoi la colère juste ne figure-t-elle jamais parmi les choses qu’une vie remplie de l’Esprit nous apporte? Si elle est juste, pourquoi n’est-elle pas assimilée au "fruit de l’Esprit", comme l’amour, la joie, la paix et la douceur? Pourquoi la colère dans les Écritures est-elle si systématiquement regroupée dans les autres listes, avec des choses comme la calomnie et la malice, sans exception pour la colère "juste"?
Dans Philippiens 2.6-11, nous découvrons l’un des plus grands textes du Nouveau Testament sur la doctrine de l’incarnation. Et au cœur de ce passage, Paul met en avant l’humiliation de notre Seigneur.
Dans son humanité, Jésus s’est fait esclave, se rendant obéissant jusqu’à la mort sur une croix. Lorsque nous lisons ces versets, nous devons tenir compte du contexte littéraire du traité théologique de Paul dans Philippiens 2.1-5. Le but de l’apôtre est d’exhorter les fidèles à avoir les sentiments de Christ, à l’imiter.
L’esprit de Christ qui doit être le nôtre est avant tout son humilité. Alors que nous cherchons à marcher en conformité avec Christ, puisse sa vie douce et humble nous pousser à servir comme notre Sauveur l’a fait.
webinaire
La prière: retrouver le plaisir de parler à notre Père
Découvre le replay du webinaire de Romain T. sur la prière, enregistré le 09 juin 2022.

Orateurs
R. T.
