6 principes pour prêcher Christ au travers de l’Ancien Testament

Jésus-Christ est le personnage principal du Nouveau Testament... mais aussi de l'Ancien !

Beaucoup de prédicateurs qui souhaitent prêcher Christ au travers de l'Ancien Testament ont l'impression que c’est quelque chose de difficile, qui n’est pas naturel, qui est compliqué et qu’il s’agit d’une question d'apprentissage et d'application de règles techniques très rigides. De façon prévisible, les résultats sont alors décevants. Mais pourquoi les prédicateurs ont-ils cette impression ?

Peut-être est-ce parce qu’en ces temps d’ignorance biblique, nous ne sommes plus familiers avec l’Ancien Testament. Peut-être est-ce une réaction allergique contre une spiritualisation excessive. Ou peut-être est-ce une théologie déficiente qui produit du marcionisme dans notre inconscient. Une formation exégétique trop technique est une raison commune à cela dans nos cercles de protestants réformés; il y a trop de séminaires à la fin desquels les participants se sentent moins capables de prêcher que lorsqu’ils y sont arrivés.

Une telle gêne aurait étonné les prédicateurs de l’Église primitive. Prêcher le Christ depuis l’Ancien Testament? Ils n’auraient jamais pensé à le prêcher depuis d’autres textes, car ils n’en avaient aucun autre. Sans gêne, tout à fait naturellement et avec puissance, ils prêchaient Christ à partir des Écritures de l’Ancien Testament. Les citations de Pierre le jour de la Pentecôte ont été tirées de Joël ou des Psaume 16 et 110, et après avoir soigné le mendiant boiteux, Pierre a prêché à partir de Deutéronome. Étienne, lors de son procès pour défendre sa vie, a emmené ses auditeurs dans un survol de l’Histoire de l’Ancien Testament. Philippe a raconté la bonne nouvelle de Jésus à partir d’Esaïe. Paul, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, passait, dans son message, de la Torah aux Psaumes et aux Prophètes.

Si nous avons perdu cette facilité, nous devons retrouver une compréhension profonde et centrée sur le Christ de ce qui représente plus de 75 % de la Parole que Dieu nous a confiée.

Voici donc 6 principes généraux qui pourront nous aider à prêcher le Christ à partir de l’Ancien Testament, en sachant qu’ils ne fournissent qu’un aperçu d’un sujet bien plus vaste.

Cultivez la perspective

Il est vital que nous soyons convaincus que l’Ancien Testament parle de Jésus-Christ avant toute autre chose. Il en est le présupposé. Le mot même utilisé pour « testament » (diatheke) est rattaché à l’alliance avec Dieu, par laquelle le Fils est en accord avec le Père avant la fondation du monde pour venir et racheter ceux qui lui sont donnés par le Père. Le Christ est l’oxygène de l’Ancien Testament, il est l’atmosphère sans laquelle l’Ancien Testament ne pourrait exister. Sans Christ, pas une seule lettre de l’Ancien Testament n’aurait pu être écrite. Edmund Clowney écrit que « l’Histoire de la rédemption et de la révélation existe à cause de la venue de Christ. Si Jésus-Christ n’avait pas été choisi dans le plan éternel de Dieu, il n’y aurait pas eu d’Histoire de l’humanité. Adam et Ève seraient tombés morts au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. »

Nous pouvons donc dire que Christ précède tous les écrits de l’Ancien Testament, et qu’en lui tous ces écrits tiennent ensemble. Christ pourrait dire des Écritures: « Elles témoignent de moi. », « Moïse a écrit à mon sujet. » C’est si évident qu’il a été reproché aux disciples sur la route d’Emmaüs de ne pas avoir vu cela. Lorsque Christ leur exposa les Écritures, il le fit au travers des trois grandes divisions des Écritures hébraïques: tout ce qui est écrit dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. L’Ancien Testament a façonné la compréhension de notre Seigneur sur ce qu’il est lui-même: il est celui qui accomplit, il est le serviteur, il est le Fils de l’homme.

Paul voit l’Ancien Testament comme conçu pour produire la foi en Christ. Il écrit à Timothée: « tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2Ti 3.15). Quand il veut illustrer l’Évangile dans Romains 4, il se tourne d’abord vers Abraham puis David, démontrant comment fonctionne l’Évangile. Selon Paul, ceux qui lisent l’Ancien Testament sans y voir le Christ ont comme un voile sur leur cœur (2Co 3.15). Ce n’est pas par hasard que la Bible et le Fils sont désignés par le même terme. Les deux sont Parole de Dieu, reliant ainsi le Christ aux Écritures de façon inextricable. Christ est partout dans les pages de la Bible, et c’est avec cette perspective que nous devrions l’aborder. La Déclaration de Chicago sur l’herméneutique biblique a écrit dans son article 3: « Nous affirmons que la personne et le travail de Jésus-Christ sont l’objet central de toute la Bible. »

Saisissez l’intrigue

Il y a une intrigue dans la Bible, une histoire reliée avec un début, un milieu et une fin. Ce n’est pas un fourre-tout rempli d’événements, d’illustrations de sermons et de pensées pieuses déconnectés les uns des autres. C’est un récit qui raconte l’exécution d’une histoire divine, puissante et rédemptrice dans un tout cohérent et interconnecté. Il est donc logique de saisir la grande image, le fil rouge de l’Écriture. Nous ne rêverions pas de lire un roman uniquement basé sur des promesses. Nous voulons connaître l’histoire, le fil rouge, de quoi parle le livre.

Quand il s’agit de la Bible, nous avons l’avantage incomparable de connaître la fin de l’histoire. Nous savons comment tout va finir, et nous pouvons comprendre les premières parties de l’Écriture en regardant ce qui s’est passé ensuite. En d’autres termes, nous devrions lire l’Ancien Testament du point de vue du Nouveau Testament. Certains manuels exégétiques nous avertissent sévèrement de ne pas le faire, mais ils ont tort. Notre Seigneur a interprété les choses qui le concernent dans toutes les Écritures, sa propre personne était son point de départ pour cela.

Beaucoup de gens parmi le peuple de Dieu n’ont aucune compréhension du plan de la Bible, car ils la regardent de manière fragmentée. Dans notre monde postmoderne, si nous voulons parler en donnant du sens, nous devons réaliser que les personnes à qui nous parlons n’ont pas la moindre idée de l’histoire géniale qui a façonné la civilisation occidentale depuis des siècles. Les petits fragments de la Bible qu’ils entendent de nous n’ont pas de sens cohérent, et en tant que prédicateurs, nous devons saisir le grand plan de Dieu.

Christ, bien sûr, c’est la fin de l’histoire. Matthieu le précise dans les deux premiers chapitres du Nouveau Testament, en sélectionnant cinq scènes de l’enfance du Seigneur Jésus. Il attache chacun de ces épisodes à l’Ancien Testament, en insistant sur le fait que ceux-ci se sont produits et sont retranscrits afin que « cela soit accompli ». Nous ne comprenons les détails de l’Écriture qu’à la lumière de la fin de l’histoire, mais la destination finale n’est pas seulement la fin du voyage, c’est sa raison principale, c’est ce qui le dirige.

L’intrigue de toutes les histoires humaines, depuis l’Odyssée, partage les mêmes éléments: un début heureux, un désastre, une période de lutte, une résolution des problèmes et une fin heureuse. Dieu a imprimé cette histoire sur l’imagination des êtres humains. C’est l’histoire du royaume de Dieu. Les événements de l’Ancien Testament sont une histoire réelle, et nous devons donner aux événements et aux personnes de l’Ancien Testament leur poids et leur valeur réels. Dieu était vraiment en train de sauver, il était vraiment en train de racheter. Ces récits ne sont pas imaginaires.

Nous pouvons affiner le plan souverain au travers des époques de l’histoire de la rédemption. Le premier verset du Nouveau Testament semble le faire. « Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » semble indiquer trois figures principales, ou trois époques principales dans l’histoire de la rédemption. Dans la première, nous passons d’Abraham à David, et c’est une période dans laquelle le royaume de Dieu est progressivement révélé, étape par étape, dans l’Histoire d’Israël. Le progrès dans cette époque est généralement positif, avec l’impression que la courbe est ascendante: nous nous rapprochons du royaume tout le temps. Dans la deuxième époque, de David à l’exil et au-delà, l’image est généralement négative. La courbe pointe maintenant vers le bas, le royaume devient de moins en moins visible dans l’Histoire d’Israël. Cette époque est marquée par la désobéissance, l’apostasie, le jugement, l’exil, les espoirs déchirés. Mais en même temps, une autre courbe commence à être dessinée dans les livres des grands prophètes. Les prophètes commencent maintenant à chercher une manifestation plus riche, plus complète, plus glorieuse et permanente du royaume de Dieu. Dans la première époque, le royaume est révélé dans l’Histoire, tandis que dans la seconde époque, il est révélé dans l’eschatologie prophétique. Ce qui est fascinant, c’est que les prophètes utilisent toujours les anciens termes: l’adjectif est frais mais les noms sont vieux. Il y aura un nouvel exode, une nouvelle entrée dans la terre promise, une nouvelle alliance, une nouvelle Jérusalem, un nouveau temple, un nouveau roi, des nouveaux cieux et une nouvelle terre. Nous pouvons ainsi observer la continuité et le développement de cette ligne directrice. Avec le retour de l’exil, il y a une amélioration, mais qui est partielle, temporaire et insatisfaisante, soulignant le fait qu’il doit y avoir plus que cela.

Recherchez la promesse

L’Ancien Testament est un livre passionnément tourné vers l’avenir, qui palpite d’une attente joyeuse. Tout cela est dû à la promesse de Dieu dans l’alliance, ce dessein puissant, plein de grâce et inébranlable de Dieu qui veut sauver et bénir. Voici comment est Dieu: il est Yahwe, le Dieu fidèle à sa promesse. Et cela génère une formidable atmosphère d’espoir.

Une promesse est bien plus qu’une prédiction. C’est une chose de prédire qu’une jeune femme va se marier, c’en est une toute autre de lui promettre de l’épouser. La promesse de Dieu est relationnelle: « je serai votre Dieu et vous serez mon peuple ».

C’est dans la nature d’une promesse d’être accomplie à différents niveaux alors que les choses changent. Christopher Wright utilise l’illustration suivante, qui clarifie notre compréhension. À la fin du 19e siècle, un père fit la promesse à son fils de 5 ans qu’il lui achèterait un cheval pour son 21e anniversaire. Lorsque ce moment arriva, le monde avait changé au niveau des transports, et le père offrit donc à son fils une voiture. Ce père a-t-il manqué pour autant à sa promesse? La plupart des enfants diraient que le père a tenu sa promesse d’une façon plus riche, plus pleine et meilleure que ce qu’il avait envisagé. C’est la même promesse, mais à un niveau différent. C’est l’erreur faite par ceux qui insistent sur le strict littéralisme des prophéties bibliques. Ils sont comme un enfant de 21 ans à qui a été donné non seulement une voiture, mais aussi un bateau et un avion, et qui insiste sur le fait qu’à moins de voir un cheval littéralement sur le pas de la porte, le père n’a pas tenu sa promesse.

Une partie du problème dans l’Ancien Testament est que la promesse est si immense et si imposante que les individus et les structures de l’Ancien Testament ne peuvent la supporter. David ne pouvait pas être le roi que Dieu avait promis. Aucun grand prêtre ne pouvait être le grand prêtre dont nous avons besoin. Le temple ne pouvait pas être la demeure de Dieu, ni Canaan le pays éternel où coulent le lait et le miel. Ils ont tous échoué, et dans leur échec, ils crient tous « Christ! », ils disent tous: « Le salut vient de Dieu! » Le sort d’Israël est tellement désespéré que l’Ancien Testament nous raconte que seul Dieu peut sauver ces personnes. Les promesses sont tellement immenses que seul Dieu peut délivrer son peuple, et comme le démontre clairement le livre d’Hébreux, Dieu l’a fait.

Ainsi, en Christ, toutes les promesses de Dieu trouvent leur « oui », les promesses du passé autant que celles du futur. Parce que son alliance est sûre et ses décrets certains, Dieu amena les hommes et les femmes de l’Ancien Testament à une relation de salut avec lui-même par Christ, au travers du travail futur de l’Agneau sacrifié avant la fondation du monde.

Explorez les parallèles

Nous faisons référence ici à la typologie. La simple mention de ce mot peut nous faire frissonner de suspicion. Ce mot sonne mystérieux et ésotérique, et il a souvent été mal utilisé. Il a souvent encouragé une vue platonique de l’Ancien Testament, donnant l’impression qu’il n’est simplement qu’une collection d’ombres et de formes qui pointent vers la réalité.

La typologie n’est pas une chose compliquée, mais plutôt une manière d’enseigner et d’apprendre au quotidien. Nous cherchons des parallèles ou des schémas, et cela repose sur le fait que Dieu est cohérent, qu’il agit toujours en accord avec son propre être. Par conséquent, il y aura toujours une prévisibilité et un schéma dans ce que Dieu fait, car il est immuable. Cela repose aussi sur le concept de la rédemption dans l’Ancien Testament. Puisque Dieu rachetait dans l’Ancien Testament, et puisque la rédemption est uniquement en Christ, nous pouvons nous attendre à ce que les moments rédempteurs soient à l’image de Christ et fondés sur lui. Cela repose également sur le besoin de foi, par laquelle tout salut arrive. Dieu fournit des modèles de salut, des dessins, des images, des aides visuelles et des symboles qui ressemblent au salut afin que le peuple puisse saisir une réalité qui n’a pas encore été complètement révélée.

Le Nouveau Testament identifie des types ou des parallèles variés: Adam, le tabernacle, le serpent d’airain… Mais nous ne sommes limités d’aucune façon à ceux qui sont spécifiquement mentionnés dans le Nouveau Testament. L’analogie est structurellement intégrée dans l’Ancien Testament. L’exode est un grand type de rédemption: le peuple de Dieu est sous le pouvoir d’un seigneur hostile, et aucune délivrance humaine n’est possible. Dieu lui-même rachète son peuple, non seulement de la mort, mais au travers de la mort, afin que le peuple soit libre de l’adorer et le servir. Nous aurions pitié de l’homme qui prêcherait sur Exode sans prêcher Christ! Toute la louange du tabernacle, des sacrifices et des cérémonies sont des images de Christ. Les offices mêmes des prophètes, des prêtres et des rois de l’Ancien Testament nous montrent Christ. Ces analogies se trouvent partout, mais elles sont toujours incomplètes, inefficaces et limitées, pointant vers le futur.

C’est un processus à 2 voies. Non seulement le Nouveau Testament illumine l’Ancien, mais l’Ancien Testament illumine aussi le Nouveau. Notre compréhension de Christ est bien plus riche, vivante et nuancée que si nous n’avions que le Nouveau Testament. Nous serions vraiment pauvres dans notre compréhension du Nouveau Testament si nous n’avions pas l’Ancien.

Identifier ces parallèles est plus un art qu’une science, et nous devons chercher la sagesse au travers de la prière lorsque nous nous y engageons, reconnaissant que c’est une capacité qui se développe avec le temps. On pourrait arguer que nous avons à peine commencé l’exploration de l’influence de l’Ancien Testament. Plus nous étudions le Nouveau Testament, plus cela devient clair qu’il est imprégné des schémas de pensées, des idées et des parallèles de l’Ancien Testament. Nous sommes comme des enfants au bord d’un vaste océan, réalisant que l’Ancien Testament a encore tellement à nous donner dans notre compréhension du Christ du Nouveau Testament. Nous sommes, peut-être, en bien plus grand danger de manquer des analogies que d’en trouver où elles n’existent pas, et nous risquons de nous protéger contre le mauvais danger. Nous sommes terrifiés de voir Christ où il n’est pas alors que notre plus grand danger est de ne pas le voir là où il est!

Appliquez les parallèles

Nous pensons ici à des exemples. Est-il légitime pour un prédicateur chrétien d’utiliser des évènements, des personnages et des expériences de l’Ancien Testament comme exemples pour les croyants d’aujourd’hui, de façon positive ou négative? Moraliser est un travestissement de la prédication chrétienne, mais les pères de l’Église avaient un dicton: « Le fait que l’on abuse d’une chose ne veut pas dire que nous ne pouvons pas l’utiliser proprement. »

Le mot « moraliser » peut être utilisé comme un lance-flammes pour intimider les gens, et faire beaucoup de dégâts. Dans chaque vrai prédicateur il y a l’instinct d’utiliser l’Ancien Testament de manière exemplaire. Je vous encouragerais à suivre cet instinct sans réserve et sans apologétique, dans le contexte bien sûr de l’histoire de la rédemption, reliant le tout à Christ (sa vie, sa croix, sa résurrection, son ascension, sa Seigneurie, la venue de son Esprit). La prédication exemplaire (faute d’une meilleure expression) a toujours été la marque d’une prédication pertinente, étudiée et mise en application, et nous avons besoin de ne pas en être éloignés car il y a de nombreux garde-fous dans le Nouveau Testament pour nous protéger. Le 6e chapitre du livre de John Carrick The Imperative of Preaching  [l’impératif de la prédication] contient beaucoup d’informations sur ce thème, pour ceux qui souhaitent trouver la logique de ce qui est partagé à ce sujet.

Le passage classique pour l’exemplarité de l’Ancien Testament est 1 Corinthiens 10, où Paul déclare: « ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu« . Un des messages de ce passage est de ne pas désirer les mauvaises choses, ne pas être des idolâtres, ne pas être indulgents avec l’immoralité sexuelle. Cela pourrait être compris comme de la moralisation, mais Paul a précisément fait cela avec les exemples de l’histoire d’Israël. Hébreux 11, d’un autre côté, nous donne des exemples à imiter, et Jacques 5 montre les prophètes et Job comme exemples de patience. Il souligne aussi le fait qu’Elie est un exemple de persévérance dans la prière. L’apôtre Pierre est même assez audacieux pour aller au cœur du plus grand évènement de l’histoire de la rédemption de tous les temps et y trouver un exemple moral à suivre pour nous: « Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude; lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement » (1Pi 2.21-23). Cela nous amène aux réalités concrètes du bureau, de l’usine, du quartier du 21e siècle.

Nous devons toujours prêcher Christ, mais nous devons aussi prêcher Christ à partir des vies et des expériences des croyants de l’Ancien Testament, en n’oubliant pas qu’ils sont nos frères et nos sœurs, et que nous avons plus en commun avec eux que ce qui nous différencie d’eux. Depuis l’enfance, le plus puissant stimulus de l’expérience chrétienne dans ma vie est l’exemple de la relation avec Dieu dont profitaient les psalmistes. Lorsque je les regarde, je me sens inférieur et comme un enfant, et ils manifestent un amour et une dévotion pour Dieu plus profonds et plus élevés que tout ce que j’ai pu connaître.

Aimez la personne

Voici certainement le secret ultime pour prêcher Christ dans l’Ancien Testament: tomber amoureux plus intensément et plus profondément de notre Sauveur, être obsédé par lui, être dominé par lui. Il est notre soleil, notre atmosphère, notre tout. Nous devons dire comme Spurgeon: « Chaque fois que j’étudie un texte, je me dis qu’il y a un chemin d’ici à Jésus-Christ, et je dois rester sur ce chemin jusqu’à ce que je le trouve. J’irai par monts et par vaux, mais je le trouverai. »

Une interprétation précise est absolument vitale, mais que Dieu ait pitié de l’Église si nous produisons une génération d’hypercritiques, d’académiques, de techniciens exégètes dont les cœurs sont flétris. Je veux Christ dans la prédication. Sinclair Ferguson synthétise très bien ce que nous avons vu ici:

« Nous devrions développer un esprit instinctif et […] telle une passion pour Jésus Christ lui-même, nous trouverons notre chemin vers lui d’une façon naturelle et réaliste. […] Alors que nous apprenons à connaître les Écritures de façon plus intime, alors que nous voyons ces schémas profondément ancrés dans la Bible et, de façon aussi cruciale, alors que nous venons à connaître Christ lui-même plus intimement et que nous l’aimons toujours mieux, nous devrions développer de manière sûre l’instinct de raisonner, d’expliquer et de prouver à partir des Écritures les richesses de grâce qui sont proclamées en Jésus, le Christ, le Sauveur du monde. » [Preaching Christ from the Old testament, traduction libre]

Edward Donnelly a été pasteur aux États-Unis et il est maintenant professeur sur le Nouveau Testament et conférencier.

Merci à Nathanaël Delarge pour la traduction de l’article.

Auteur invité

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