3 erreurs à ne pas faire quand on se confesse

Trop souvent, dans nos temps de prière, nous nous croyons comme au restaurant. Tantôt fastfood, tantôt grand gastronomique, nous agissons comme des clients en attente de recevoir (rapidement si possible) le repas nécessaire pour la journée. Nous faisons la même chose dans l’exercice de la confession des péchés. Je vous explique pourquoi cette pratique conduit à la ruine spirituelle.

1. Trier ses péchés, c’est mal

Nous avons perdu de vue ce qui constitue l’essence du péché. Nous classons nos péchés par ordre de gravité pour finalement se repentir des plus flagrants. Le problème c’est qu’en faisant cela, nous ne nous attaquons pas au problème de base, notre cœur. A la longue, le risque c’est de finir par se considérer comme un chrétien pas si mal que ça et qui commet des péchés acceptables.

Or, rien n’est tolérable dans le péché, absolument rien. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un péché, est non seulement mauvais pour nous, pour ceux qui nous entourent, mais constitue par-dessus tout un acte de trahison envers Dieu. Jerry Bridges dit que « notre péché est une attaque contre la majesté et l’autorité de Dieu« . (1)

Le péché est partout en nous et se diffuse si subtilement que nous ne le voyons plus. Nous justifions des paroles blessantes, nous nous accordons des petits mensonges, nous laissons l’amertume nous ronger, sans vraiment sourciller. Si nous étouffons notre conscience, petit péché après petit péché, nous glissons dangereusement vers la pente de l’orgueil spirituel qui mène à la mort.

Écoutons le Saint-Esprit qui sonde nos cœurs pour dire à Dieu: « Vois ma misère et ma peine, et pardonne tous mes péchés. » Ps 25.18

2. La repentance est un mal pour un bien

Se confesser est un exercice d’humilité qui consiste à reconnaître ses torts, même ceux que nous ignorons. Nous avouons que nous avons lamentablement échoué. La sensation n’est pas toujours agréable parce que:

  • La lumière de Dieu est tellement pure qu’elle dévoile notre saleté au grand jour.
  • Nous découvrons que nous sommes mauvais, alors que nous nous croyions au top.
  • Nous comprenons que seuls, nous n’avons pas d’issue possible et notre orgueil vole en éclat.

Vivre l’Évangile n’est pas toujours agréable, mais c’est salutaire. La confession précède toujours la libération dont jouissent les pardonnés. John Miller dit que « plus notre repentance s’approfondit, plus nous aurons de la place dans notre cœur pour les fleuves d’eau vive que Dieu envoie« . (2)

La persévérance dans la repentance nous ouvre tout un univers encore inconnu dans notre intimité avec Dieu. Elle nous transforme, nous sanctifie, nous fait grandir. Ne méprisons pas la croix, allons à Dieu avec nos péchés. « Celui qui cache ses transgressions ne prospère pas, mais celui qui les avoue obtient miséricorde. » Pr 28.13

3. Le client n’est pas le roi

La repentance n’est pas un droit mais un devoir. C’est la porte d’entrée dans tout moment sincère et authentique passé avec Dieu. C’est une question d’hygiène spirituelle. 

Personne ne passe à table sans se laver les mains au préalable. De même, Il faut être insensé pour prétendre se nourrir de la Parole du roi des rois sans être au clair sur sa nature pécheresse. Les règles de consommations spirituelles ne sont pas à la carte. Chacun ne fait pas comme il veut. Nous devons nous soumettre à la Seigneurie de Christ.

« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. » Ja 4.8-10

Plus nous sentons notre propre misère, et plus notre repentance nous maintiendra dans cette dépendance bienfaisante de Christ. Soyons spirituellement lucides, sans la puissance transformatrice de l’Évangile, notre âme n’est pas très reluisante. 

Puissions-nous vivre chaque jour, ce beau moment d’allègement que John Bunyan nous raconte dans Le voyage du pèlerin: (3)

« Je vis aussi que le chemin élevé où le Chrétien marchait était muni, d’un côté et de l’autre, d’une muraille qui se nomme le Salut. Et c’est dans ce moment qu’il continuait de courir, non sans beaucoup de peine, à cause du fardeau dont il était chargé. Cependant il avançait de plus en plus, jusqu’à ce qu’il arriva dans un endroit un peu plus élevé, où se trouvait une croix et un peu au-dessous d’elle un tombeau. Au moment où le Chrétien approcha de la croix, je vis que son fardeau tomba de dessus son dos et fut abîmé dans un gouffre profond, de sorte que le Chrétien ne le revit plus jamais. Ce fut alors qu’il ressentit une véritable joie, et qu’il commença à s’écrier, plein d’allégresse : «Il m’a donné le repos par sa tristesse, et la vie par sa mort». »

Le Chrétien s’arrêta là quelques temps, s’étonnant au dernier point de ce que la seule vue de la croix l’eût ainsi déchargé de son fardeau; et il ne cessait de la contempler en versant un torrent de larmes.


 (1) Pas si grave? Ces attitudes que nous tolérons. Chapitre 3. Editions Maison de la Bible. 
(2) O Dieu, pardonne-moi. Chapitre 4. Editions Europresse.
(3) Le Voyage du Pèlerin. Chapitre 7.


Pour aller plus loin:


Aurélie Bricaud

Depuis plusieurs années, Aurélie est engagée dans un ministère auprès de la jeunesse. Après s’être formée à l’accompagnement spirituel, elle souhaite encourager les chrétiens à persévérer dans une vie de piété qui contient des trésors insoupçonnés. Elle est mariée et mère de deux enfants.

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