10 raisons de revenir à l’église après le COVID-19

Pourquoi se retrouver en présentiel?

Au cours des derniers mois, la plupart des Églises ont cessé de se réunir en présentiel. Une pandémie mondiale, des dispositions gouvernementales et le désir de nous protéger les uns les autres ainsi que la société, nous ont empêchés de nous réunir. Au lieu de cela, nous avons organisé des « cultes » en ligne, nous nous sommes rencontrés virtuellement et nous avons utilisé la technologie pour nous retrouver. 

De nombreuses Églises reprennent maintenant les réunions, ou le feront bientôt. Mais le nouveau déroulement de ces réunions est étrange. Notre sensibilité est exacerbée, nos différences sont mises en évidence, et nous devons supporter des restrictions et des protocoles qui sont gênants, incommodants et frustrants. De plus, malgré l’application de ces mesures, certains membres de l’Église ne peuvent toujours pas être présents. 

En pensant à toutes ces choses, certains chrétiens peuvent être tentés de ne plus venir du tout.

« Puisque nos rassemblements sont de nouveau possibles tout en étant différents et restreints, puisque nos cultes en ligne sont si accessibles et pratiques, et puisque notre présence physique est un vrai risque, alors pourquoi devrions-nous nous rencontrer en personne!? »

C’est une question légitime. Mais avant de prendre une décision, nous devons réfléchir à l’importance de nos rencontres pour que notre désir de nous réunir grandisse au lieu de s’atrophier.

Alors, à moins que vous ne soyez une personne obligée de rester à la maison pour des raisons de santé, voici 10 raisons de revenir à l’église: 

1. Nous sommes des créatures incarnées

Dieu a créé Adam à partir de la poussière de la terre, Ève à partir de la côte d’Adam, et l’humanité par leur union (Ge 1.26-27; 2.18-25; 3.20). Nous sommes des âmes incarnées, hommes et femmes, à son image. Nous ne sommes pas des êtres immatériels créés pour flotter dans un espace virtuel. Nous ne sommes pas des pixels et des pseudonymes, ou des photos de profil sur Zoom et FaceTime. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes conçus pour voir, entendre, goûter, toucher et sentir notre environnement dans le monde physique que Dieu a créé.

Ces derniers mois, nous avons pu observer la puissance du monde virtuel. Mais nous avons aussi constaté ses limites. Aucun couple amoureux n’accepterait une « relation à distance » comme étant idéale. Cela ne devrait pas non plus être le cas avec notre famille spirituelle. 

2. L’Église est un seul Corps

La Bible enseigne constamment que l’Église est le corps de Christ sur terre (Ép. 1.22-23). Chaque croyant est une partie différente du Corps, mais nous sommes intrinsèquement liés les uns aux autres (Ép. 4.15-16). Nous ne sommes pas indépendants mais interdépendants. Nos dons spirituels sont comme des yeux et des oreilles, des mains et des pieds qui jouent chacun leur rôle dans la croissance et la mission du Corps. Oui, même à distance, nous sommes toujours le Corps de Christ. Mais comme tout corps en bonne santé, nous ne devons pas vouloir rester disloqués.

What if I don’t feel like going to church? (ndtr: Et si je n’ai pas envie d’aller à l’église?) de David Gundersen. Ce livret encourage les chrétiens à aller à l’église même lorsqu’ils ont l’impression que c’est insatisfaisant, inutile ou tout simplement gênant, en les aidant à redécouvrir le pouvoir du rassemblement de l’Église. Il fait partie de la série Church Questions (ndtr: Questions d’Église).

3. L’Esprit nous attire

Non seulement les croyants forment un seul Corps, mais nous avons aussi un seul Esprit (Ép. 4.4). Le Saint-Esprit -troisième personne de la Trinité- habite l’Église de Dieu et nous conduit toujours à l’unité. L’Esprit de Dieu ne peut être divisé, et lorsque les chrétiens sont séparés involontairement, nous ressentons une tension semblable à celle d’un élastique trop tendu. L’Esprit qui est en nous aspire à ce que nous soyons réunis, comme cet élastique qui nous tire en arrière.

4. Nous sommes une famille spirituelle

Dans l’Église, Dieu est notre Père adoptif, nous sommes donc tous des frères et sœurs spirituels; la « maison » de Dieu (1 Tim 3.15). Avec nos différents âges et sexes, Paul nous appelle même pères et mères, sœurs et frères, fils et filles (1 Tim 5.1-2). Mais les familles ne sont pas faites pour être séparées. Les familles en bonne santé vivent ensemble, rient ensemble, pleurent ensemble et s’entraident. Les parents dont les enfants sont adultes aiment que leurs enfants se réunissent – et ces parents ne sont pleinement satisfaits que lorsque tout le monde est présent.

En cette saison, nous devons être prêts à tendre la main à ceux qui ne peuvent pas se joindre à nous en toute sécurité. Mais tous ceux qui le peuvent devraient chercher à se réunir lors de nos réunions de famille vivifiantes. 

5. La prédication est un moment sacré

Notre génération est habituée aux sermons de John Piper et aux vidéos de Beth Moore (ndtr: auteure et conférencière américaine). Les téléphones, les écrans et les applications sont désormais nos intermédiaires par défaut. En seulement trois mois, nous nous sommes même habitués à regarder nos pasteurs et responsables enseigner la Parole de Dieu à travers le WiFi et les écrans. Dans cet environnement numérique, nous devons nous rappeler que la prédication est fondamentalement un moment vivant et sacré (Ac 20.20, 27). Oui, elle peut être diffusée en continu, enregistrée et postée au bénéfice des participants virtuels et des futurs auditeurs. Mais pour une assemblée de chrétiens, la Parole de Dieu est mieux communiquée en temps réel, lorsque l’Esprit équipe un prédicateur et un pasteur de confiance, pour transmettre la Parole dans un moment chargé d’objectifs et de possibilités.

Dans ces moments, les pasteurs gardent leurs troupeaux, et les brebis entendent la voix de leurs bergers. Nous sommes touchés non seulement par le contenu du message, mais aussi par l’intensité du moment. Lorsque nous entendons la Parole de Dieu enseignée dans une assemblée, nous résonnons non seulement avec notre Seigneur ressuscité et sa Parole souveraine, mais aussi les uns avec les autres. Un festin savouré ensemble est meilleur qu’un repas mangé seul.

6. Il n’y a rien de tel que de pouvoir chanter ensemble

Il n’y a sur terre aucune expérience semblable au chant d’assemblée (Ps 95.1-2). Chanter ensemble glorifie Dieu en le réintronisant dans le cœur de son peuple. Chanter ensemble imprègne nos esprits de vérité et réchauffe nos cœurs de grâce. Chanter ensemble symbolise notre unité lorsque nous nous harmonisons avec l’Évangile. Chanter ensemble exprime nos sentiments à Dieu (et nous en avons beaucoup à ce moment). Mais nous ne chantons pas seulement pour glorifier Dieu; nous chantons aussi pour nous encourager mutuellement (Col 3.16).

Derrière un écran, nous ne pouvons pas chanter les uns avec les autres. Oui, nous sommes vulnérables: le chant d’assemblée pourrait être la cause de la contamination d’un chrétien américain, tout comme il pourrait être la cause de l’arrestation d’un chrétien chinois. Mais comme l’Église clandestine l’a toujours fait, le peuple de Dieu trouvera un moyen de le louer ensemble, aussi fidèlement et prudemment que possible. Nous porterons des masques, nous purifierons l’air, nous nous réunirons à l’extérieur, nous réciterons des psaumes, ou nous chuchoterons même s’il le faut. Mais au bout du compte, Dieu écoutera les louanges de l’Église chrétienne, et il serait bon que nous soyons là pour les exprimer ensemble.

7. Nous avons besoin de baptêmes et de communion fraternelle

Que votre Église ait pratiqué ces ordonnances « virtuellement » ou non, chaque chrétien a besoin de voir et de goûter ces gracieux symboles afin de pouvoir saisir à nouveau l’histoire de l’Évangile. Le baptême et la communion fraternelle nous rappellent que Dieu communique avec nous de manière perceptible. Dans ces deux ordonnances, nous goûtons, touchons, voyons et entendons l’Évangile, qu’il s’agisse de l’immersion dans l’eau du baptistère lorsqu’un nouveau croyant meurt et ressuscite avec Christ, ou du pain rompu et du fruit de la vigne qui nous nourrissent du souvenir de son sacrifice (Mt 28.19; 1 Co 11.26). La façon dont nous pratiquons ces choses peut sembler différente pendant un temps, mais nos cœurs en auront besoin plus que nous ne l’imaginons. 

8. Vous avez un travail à faire

Si vous êtes un chrétien, vous avez un travail à faire lorsque l’Église se réunit. Le ministère n’est pas principalement réservé aux pasteurs et aux leaders. Il est pour chaque chrétien. Chaque croyant possède des dons spirituels destinés à être utilisés, et chaque Église locale a désespérément besoin que chaque membre du Corps soit actif (Ro 12.4-8; Ép 4.15-16; 1 Pi 4.10-11). Lorsque nous restons à la maison, nous pouvons toujours écouter et transmettre, appeler et envoyer des messages virtuels. Mais pour plusieurs raisons, nous ne pouvons tout simplement pas servir, encourager, ou édifier le Corps de Christ, à moins d’être physiquement présent.

9. Notre culte est un témoignage

Chaque semaine, nos amis, voisins et collègues traversent le même monde brisé que nous, mais sans notre espoir et notre guide. Chaque semaine, ils sont confrontés à des épreuves et à des tragédies qui les amènent à se demander où trouver la grâce et la vérité. Oui, il existe des moyens de les atteindre en ligne, et nous devrions nous réjouir que Dieu touche maintenant de nouvelles personnes avec de nouvelles méthodes. Mais le monde incroyant a également besoin de voir la puissance transformatrice de l’Évangile incarnée dans une assemblée de chrétiens qui aiment Dieu et qui se servent les uns les autres avec bienveillance et sans concession. 

10. Les salutations changent la vie

Cela peut sembler étrange de conclure par la salutation – une pratique simple qui est devenue tellement restreinte et compliquée. Pourtant, dans tout le Nouveau Testament, les auteurs ne se contentent pas seulement de saluer les Églises, mais ils demandent aux chrétiens de se saluer les uns les autres. Ces salutations ne sont pas simplement une pensée apposée après coup à la fin de leurs lettres. Elles symbolisent le pouvoir réconciliateur de l’Évangile et favorisent notre dynamique familiale.

La façon dont nous saluons les autres -et le fait que nous les saluions- est au cœur de la vie et du témoignage de l’Église. Les salutations chaleureuses nous rappellent l’unité de l’Évangile dont nous jouissons en Christ. Les salutations maladroites indiquent que l’Église ne fait preuve d’aucune partialité. Les salutations évitées nous rappellent que nous devons résoudre nos conflits et nous réconcilier. Chaque salutation reflète l’amour de Dieu, réunit le Corps de Christ, permet l’hospitalité, développe l’altruisme, ouvre les portes du ministère et témoigne du Dieu qui nous a accueillis en Christ. Même si ces salutations sont « masquées », sans contact et distantes, elles constituent de courts événements qui façonnent la vie de chaque Église. Tout récemment, notre Église a organisé un culte en plein air sur notre parking après dix semaines sans s’être réunie. Quels ont été les moments les plus joyeux et exaltants? Nos salutations. Nous avons besoin de nous retrouver les uns les autres. 

Conclusion

Il se peut que vous ne puissiez pas revenir tout de suite. Peut-être que vous devrez faire preuve de prudence pour vous-même ou pour ceux que vous aimez. Peut-être que vous devrez continuer à observer de loin pendant un certain temps. Mais lorsque le moment sera venu, le peuple de Dieu pourra et devra se rassembler à nouveau, et j’espère que vous vous joindrez à lui. Après tout, nos rassemblements sont en fin de compte un avant-goût du Paradis. La vision biblique du Paradis ne ressemble ni à une quarantaine, ni à une diffusion en direct, ni à un appel Zoom. Il s’agit d’une rencontre « face à face » avec le Christ ressuscité et d’une réunion d’adoration de la part des saints et des anges (Hé 12.22-23; Ap 22.4).

Dans la vie à venir, nous ne serons pas enfermés et isolés dans des demeures glorieuses, mais nous vivrons, travaillerons, aimerons et servirons ensemble dans un monde nouveau où la justice demeurera (2 Pi 3.13). Donc, si nous sommes sûrs qu’il n’y a aucun risque, que c’est sage et que cela ne nuit pas à nos assemblées, recommençons à nous rassembler -en personne- jusqu’à ce que toutes choses soient devenues nouvelles (ndtr: cf. Ap 21.4-5).

Article traduit avec autorisation.

Pour aller plus loin:

David Gundersen

David Gundersen (PhD, Southern Baptist Theological Seminary) est le pasteur principal de BridgePoint Bible Church à Houston, au Texas. Il a auparavant passé quinze années à enseigner et à former des étudiants de collèges chrétiens en tant que directeur résident, doyen associé et professeur. Il est l'auteur de What If I Don't Feel Like Going to Church? (ndtr: Et si je n’ai pas envie d’aller à l’église?)

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