Sept raisons de lire des livres non-chrétiens (part. 1/3)

Proustplage

Quels livres mettre dans vos valises cet été? Tony Reinke (dans Lit ! : a Christian guide to reading books) nous donne des conseils. Dans cet article, on verra de façon générale pourquoi la littérature non-chrétienne mérite notre intérêt. Dans les prochains, on en verra des bienfaits concrets.   

Quels types de livres les chrétiens devraient-ils lire? La Bible est le livre le plus important, et la priorité numéro 1 de notre liste de lecture. Quant aux livres chrétiens, ils peuvent nous prodiguer des leçons précieuses sur Dieu, le monde, notre péché, et notre Sauveur. Cependant, ici j’aimerais me concentrer sur l’utilité des livres non-chrétiens. J’entends par ce terme tout livre dont l’auteur n’est pas un chrétien converti ou dont la motivation n’est pas explicitement chrétienne. Que devons-nous faire de tous ces livres? Les brûler? Y tenir énormément? Les lire en secret sous nos draps le soir avec une lampe de poche?

J’ai la conviction que la la littérature non-chrétienne – au moins ce qu’il y a de meilleur dans le lot – est un don de Dieu destiné à la lecture des chrétiens. Ces livres sont, pour reprendre les mots de Spurgeon, des feuilles d’or comparées aux lingots d’or de l’Ecriture, mais ils sont de l’or tout de même, et ils ont donc de la valeur.

Si les intellectuels ne se mettent pas tous d’accord sur divers points de la théologie de Jean Calvin (1509-1564), ils peuvent difficilement mettre en doute l’importance des trois piliers suivants:

  • Aucun livre n’a de valeur supérieure à la Bible.
  • Tout homme est pécheur, et ce péché est à l’origine de l’aveuglement spirituel.
  • Sans l’Evangile et le pouvoir éclairant du Saint-Esprit, c’est en vain que le pécheur s’efforce de rechercher Dieu et la vérité ultime.

Ayant dégagé ces essentiels, Calvin est un bon guide pour nous aider à  déterminer la place des livres non-chrétiens dans la vie chrétienne.

Dans un passage de son Institution de la religion chrétienneil apprécie la valeur des livres écrits par des auteurs profanes. Calvin écrit :

La lecture d’auteurs profanes, par le biais de l’admirable lumière de la vérité manifestée dans leurs écrits, devrait nous rappeler que l’esprit humain, bien que déchu et dénaturé de son intégrité originelle, peut être paré et investi de dons admirables de la part du Créateur. Si nous nous disons que l’Esprit de Dieu est la seule fontaine de vérité, nous serons alors attentifs – étant donné que nous ne voudrions pas l’insulter – à ne pas rejeter ou condamner la vérité à quel qu’endroit qu’elle apparaisse. En méprisant les dons, on insulte le Donneur.

Calvin dit donc que si nous méprisons la part de vérité présente dans les livres non-chrétiens, ultimement, nous « insultons le Donneur », c’est-à-dire Dieu. Au premier abord, ces mots m’ont sérieusement ébranlé, mais j’en suis venu à adopter le point de vue de Calvin. Dieu est derrière toute vérité, même la vérité exprimée dans la littérature non-chrétienne.

Toute vérité vient de Dieu ; et, par conséquent, si des hommes mauvais ont dit quelque chose qui soit vrai et juste, nous ne devrions pas le rejeter ; en effet, cela a son origine en Dieu. D’ailleurs, toutes choses sont pour Dieu ; et, pour cette raison, pourquoi ne serait-il pas légitime de consacrer à sa gloire tout ce qui est digne d’être employé à un tel dessein?

Une vision du monde biblique cohésive nous permet de reconnaître et d’apprécier la vérité que nous lisons dans les livres non-chrétiens.¹

Pour Calvin, lire de la littérature non-chrétienne c’est comme passer au tamis les ruisseaux des Rocheuses dans l’espoir de trouver d’étincelantes pépites d’or. C’est surtout sur de la vase qu’on tombe en prospectant les lits des rivières. Toutefois, ceux qui font preuve d’une patience tranquille et qui ont l’oeil perçant découvriront un jour une pépite d’or. En rejetant la vérité dispensée dans les livres non-chrétiens, les lecteurs rejettent des cadeaux de Dieu.²

¹ On peut se reporter au chapitre 4 du livre, « Reading from across the Canyon, How a biblical worldview equips us to benefit from books », pour un développement sur ce sujet.

² Adaptation en français d’extraits de Tony Reinke, Lit ! : a Christian guide to reading books, chapitre 5, « The Givers’s Voice, Seven Benefits of Reading non-christian books ».

Pour aller plus loin :

Myriam J.

A fait une licence d'histoire à la Sorbonne. Elle était une contributrice régulière au blog durant plusieurs années.

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  • Bonjour !

    J’y souscris, étant moi-même un gros lecteur(de la Parole mais aussi d’ouvrages dits « profanes »-not. littérature européenne).
    Paul a su citer des poètes grecs aux athéniens, ainsi qu’un proverbe crétois dans sa lettre à Tite.

    Cependant, rappeler et maintenir les trois piliers cités plus haut sont essentiels, puisque demeure le danger d’ajouter ou de mélanger des idées « profanes »(de philosophes grecs, notamment, qui nous influencent encore aujourd’hui dans de nombreux domaines, par ex. éducatifs-même si nous n’en avons pas toujours conscience) à la Parole de Dieu.

    Une déviance(qui nous décentre de Christ, de la grâce de Dieu, de la croix) commence toujours par une « bonne idée ».

    Sur ce, bonnes lectures ! Perso, j’en propose un certain nombre(fiction ou essai) sur « Pep’s café ! »

  • miyelta traore

    Merci bcp pour ce message car la bible ns dit en effet « …mais examinez TOUT et retenez ce qui est bon! » restons equilibrés et usons de discernememt avec l’aide du SAINT-ESPRIT.