« Papa, pourquoi on continue d’aller à l’église ? »

J’ai dû m’excuser auprès de mon fils l’autre jour. Nous étions en route pour l’église un dimanche, et il m’a dit: « Papa, je pense que je connais toutes les histoires de la Bible maintenant. »

– « Vraiment? » ai-je dit. « Toutes? »

– « Ouaip, plus ou moins, » répondit-il. « Et je connais aussi tous les chants qu’on chante à l’église. »

– « Ça sera donc plus facile maintenant pour toi de chanter avec nous, » ai-je répondu.

– « Je ne comprends pas pourquoi on répète toujours les mêmes histoires et qu’on chante les mêmes chants. Est-ce qu’ils pensent qu’on ne les connait toujours pas? »

– « J’étudie la Bible et je chante ces chants depuis longtemps Timothée. Et j’en retire chaque semaine quelque chose de nouveau. »

Entre temps, nous étions arrivé à l’église. En marchant vers la salle de culte, il me dit: « Je ne comprends pourquoi on a besoin d’aller à l’église chaque semaine. Pourquoi pas attendre qu’il y ait quelque chose de nouveau à apprendre? »

J’ai réfléchi toute la journée à notre discussion. On en a parlé à midi. La grand-mère de Timothée, qui nous visite de Roumanie, commença a raconter comment elle relit en ce moment les petits prophètes et découvre plein de choses qu’elle avait oubliées. Ma femme commença a poser des questions à Timothée sur les histoires qui ne lui étaient pas très familières.

Tandis que moi, je me demandais si le fait que notre fils grandisse dans un foyer chrétien, aille dans une école chrétienne et que notre Église ait des enseignements solides, l’ai surexposé aux Écritures. C’est un garçon de 9 ans avec beaucoup de connaissances bibliques et qui a déjà mémorisé des chapitres entiers de la Bible.

Et puis, ça m’a fait tilt. Pendant des mois, si pas des années, je lui ai fait croire que le but du culte était d’apprendre. Que ce soit dans nos prières le samedi soir (« Sois avec nous demain Seigneur, quand nous irons à l’église pour apprendre plus sur toi ») ou nos discussions après le culte (« Qu’as-tu appris à l’école du dimanche? »), notre façon de parler de l’Église est principalement éducative. Ce n’était pas étonnant qu’il pensait qu’on devait passer à autre chose. Si l’Église est une école, n’est pas normal qu’après un temps on obtient le diplôme de fin d’études?

Cette nuit-là, en le bordant, je me suis donc excusé de ne pas avoir été clair quant à la raison de notre rassemblement entre croyants. « Ce n’est pas seulement pour apprendre, » lui ai-je dit. « C’est pour adorer. Les choses qu’on apprend sont liées à notre adoration. »

– « C’est pour ça qu’on chante les mêmes chants? » demanda-t-il.

– « Oui. Quand c’est facile pour les gens de chanter, ils peuvent se concentrer sur ce qu’ils disent, plutôt que d’essayer d’apprendre le chant. Tu sais, ce moment tu aimes lorsque tous les instruments se mettent en sourdine et que l’on entend tout le monde chanter fort le même chant, en harmonie? C’est pas une leçon, c’est de l’adoration. Tous ensemble, on adore Dieu parce qu’il est glorieux et merveilleux. »

– « On a revu l’histoire de David et Goliath aujourd’hui » dit-il. « Je connaissais déjà tout, et la monitrice a oublié ma partie préférée: quand David utilise l’épée de Goliath pour lui couper la tête! »

– « Ouais, c’est cool ça » lui ai-je répondu. « Et tu connais déjà l’histoire de David et Goliath. Mais le but de réentendre toujours cette histoire, ce n’est pas d’apprendre plus de détails sur l’histoire. Le but est que tu sois émerveillé à nouveau que Dieu utilise un petit bonhomme comme David pour faire quelque chose de grand pour son peuple. C’est comme ça qu’il est Dieu. C’est pourquoi on chante des chants comme « Dieu tout puissant » et « Le Roi dans sa splendeur ». On l’adore pour ce qu’il a fait.

– « J’aime bien ces chants. »

– « Moi aussi. Et la prochaine fois qu’on les chante, pense à la puissance de Dieu qu’on voit dans l’histoire de David et Goliath. »

– « Alors ce n’est pas juste pour apprendre. »

– « Non, l’Église n’est pas une classe. C’est un peuple auquel tu appartiens. Le but c’est l’adoration. Désolé fiston si je t’ai fait croire autre chose. »

Article traduit par Stéphane Kapitaniuk, avec l’autorisation aimable de l’auteur.

Trevin Wax

Editeur chez *Lifeway*. Il dirige le projet *The Gospel Project*, un matériel d'enseignement pour les Églises. Trevin est marié et papa de trois enfants.

Articles pouvant vous intéresser