Le Dieu qui pleure

Nous vivons à une époque où la doctrine de la sainteté et de la transcendance de Dieu traverse une crise. Dans notre génération, de nombreux chrétiens ont tendance à se concentrer sur l'imminence de Dieu, sa proximité et sa similarité avec nous. Certains appellent même Dieu leur pote/leur chum. Cependant, lorsque nous agissons ainsi, nous perdons la révérence et la crainte que nous devrions avoir envers notre grand Dieu et Roi.

Retrouver une vision de la gloire de Dieu

En réponse à cela, beaucoup, dans notre tradition réformée, ont écrit et prêché en mettant particulièrement l’accent sur la sainteté de Dieu, sa souveraineté, son aséité, sa simplicité, son incompréhensibilité. Ce sont tous des attributs essentiels à saisir, et je suis reconnaissante envers les pasteurs et spécialistes qui nous ont donné une telle vision de la gloire de Dieu.

Les attributs de Dieu ne sont pas en concurrence

Pourtant, au cours des 30 dernières années de ma vie chrétienne, j’en suis parfois venue à voir Dieu comme si puissant, si saint, se démarquant de nous, que j’ai parfois perdu de vue sa proximité, son humanité, sa douceur et son humilité. Nous n’avons cependant pas à choisir entre ces deux séries d’attributs. Ils reflètent tous également la réalité de notre Dieu trinitaire. Aucun attribut ne peut l’emporter sur tous les autres. Nous pouvons nous réjouir de notre grand Dieu pour sa puissance souveraine et de sa douceur. Nous pouvons crier « saint, saint, saint » (És 6.3) et nous pouvons crier « Abba, Père » (Ga 4.6).  

Un chant sur le Dieu qui pleure

Il y a quelques années, lors d’un voyage pour rendre visite à ma famille en Colombie, mon mari et moi avons pu assister à un concert d’un chanteur chrétien nommé Santiago Benavides. Avec sincérité et profondeur, sa musique articulait des vérités sur Dieu de manière rafraîchissante et édifiante. Une chanson en particulier a fait vibrer une corde sensible en moi. C’est cette chanson qui a inspiré les présentes réflexions. Pour ceux qui comprennent l’espagnol, je recommande cette vidéo. Sinon, voici la traduction:

Dieu aussi

Dieu aussi était un immigrant.
Dieu aussi a dû fuir.
Dieu aussi a été réfugié (Mt 2.13-15).
Il a été déprimé et ne voulait pas continuer (Mt 26.36-46).
Dieu aussi a perdu son enfant (Jn 3.16, Lc 15.11-32).
Dieu aussi a gouté à la solitude (És. 53.3, 15.33-34).
Dieu aussi s’est retrouvé sans amis au moment où il avait le plus besoin de leur solidarité (Mc 14.50).
Dieu aussi
Dieu aussi
Dieu aussi est passé par la douleur (Hé 2.18, 4.15).
Dieu aussi
Dieu aussi
Dieu aussi a pleuré (Jn 11.35, Lc 19.41-44).
Dieu aussi a été emprisonné (Jn 18.1-19.16).
Dieu aussi a souffert pour donner l’amour (Jn 13.1).
Dieu aussi a été critiqué pour ne pas jeter la pierre et opter pour le pardon (Jn 7.53-8.11).
Dieu aussi était un conjoint trompé (Os 2.1-23).
Dieu aussi a été un enfant exclu.
Dieu aussi a été un jeune rejeté (Mt 25.40, Mt. 18.5-7).
Dieu aussi a eu des enfants rebelles (És 53.6, Lc 15.11-32).


Pour aller plus loin:

Angie Thornton

En équipe avec son mari Daniel, Angie a servi le Seigneur au Sénégal pendant 10 ans, dans la formation des leaders. Installés à Montréal avec leurs 2 filles depuis août 2017, ils servent à l'Église Baptiste Évangélique Emmanuel et dans l'AEBEQ. Angie est titulaire d'un MDiv de Moody Theological Seminary.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Aurélie Bricaud.
Découvre également sa chaîne YouTube par ici.

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