Certaines questions sont plus importantes que d’autres. Celles du vêtement des prêtres ou de l’encens sont bien moins importantes que celles de la doctrine de Dieu, de la doctrine de la révélation et de la doctrine du salut. Sur ces points-là, on ne peut tergiverser et compromettre les convictions des uns et des autres.
Au sujet de la doctrine de Dieu, les catholiques sont remarquables. Leur compréhension et leur formulation de la doctrine de la Trinité sont formidables et nous sommes globalement très proches.
Mais le problème vient quand on considère d’autres doctrines fondamentales du christianisme.
Considérons la notion de révélation.
L’Église catholique a ajouté des livres à la Bible juive… au XVIe siècle ! Cette décision plutôt tardive était motivée par l’opposition des Églises protestantes naissantes. Mike Gendron fait la liste des ajouts et leurs conséquences sur la foi : Tobie, Judith, Sagesse, Ecclésiastique, Baruch et Maccabées. Ces livres n’ont jamais été inclus dans le canon de l’Église primitive, car ils contiennent des erreurs historiques et géographiques, prouvant qu’ils n’étaient pas divinement inspirés. Les livres apocryphes enseignent également des doctrines qui divergent des Écritures inspirées. Par exemple, 2 Maccabées 12.43-45 enseigne l’efficacité des prières et des offrandes pour les défunts. L’Ecclésiastique 3.30 enseigne que l’aumône expie le péché et que la cruauté envers les esclaves est justifiée (33.26 ; 28). Le Christ et ses apôtres citaient fréquemment les livres de l’Ancien Testament, mais jamais les livres apocryphes. De plus, ils n’ont jamais été inclus dans le canon juif, ce qui revêt une importance capitale.1
L’Église catholique estime que Dieu parle conjointement, en quelque sorte, par l’Écriture et par la Tradition. Le IIe concile du Vatican affirme :
La sainte Tradition et la sainte Écriture ont donc entre elles des relations très étroites. Toutes deux en effet, découlant de la même source divine, se réunissent pour ainsi dire en un et tendent à la même fin. En effet, la sainte Écriture est la parole adressée par Dieu en tant qu’elle est consignée par écrit sous le souffle du Saint-Esprit, et la parole de Dieu confiée par le Christ Seigneur et par le Saint-Esprit aux apôtres, la sainte tradition la transmet intégralement à leurs successeurs pour qu’ils la gardent fidèlement quand ils l’annoncent, pour qu’ils l’exposent et la répandent, éclairés par l’Esprit de vérité. De ce fait, l’Église ne tire pas sa certitude sur les vérités révélées de la seule Écriture sainte. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment de piété et de révérence [FC 148-149].2
Non seulement l’Église a ajouté des livres, mais elle en régule l’interprétation. Le IIe concile du Vatican conclut un chapitre dédié à l’interprétation par ces mots : « Toute cette question de l’interprétation de l’Écriture est en dernière analyse soumise au jugement de l’Église qui assure la mission et le ministère de conserver et d’interpréter la Parole de Dieu » (chap. 3.12).
Pour le dire simplement, l’Église catholique a deux sources d’autorité : l’Écriture et la Tradition. Pour les deux, elle affirme être seule garante d’une juste compréhension. Mais hélas, certaines différences sur des questions fondamentales restent difficiles à réconcilier, comme j’ai tenté de le relever dans ce livre.
Si l’œcuménisme passe sous silence la manière d’être sauvée ou brouille le chemin du salut, des millions d’êtres humains risquent de passer l’éternité en enfer en raison d’une telle absence de déclaration de l’Évangile…
[…]
La prière de Jésus pour l’unité
À la fin de son pèlerinage terrestre, Jésus prie son Père :
Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient [un] en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un – moi en eux, et toi en moi –, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé.
Jean 17.20-23
De quelle unité parle-t-on ?
Si tu es familier de mon podcast (ou de ce livre), tu sais que le contexte est déterminant. Jésus parle de ceux à qui le Père a donné la vie (v. 2), c’est-à-dire ceux qui connaissent le Père et celui que le Père a envoyé (v. 3), c’est-à-dire ceux qui ont gardé sa Parole (v. 6), qui ont reconnu que Jésus est le Messie envoyé (v. 8), qui ont entendu que ses paroles sont les paroles du Père et qui ont cru que Jésus est l’envoyé du Père (v. 8).
On comprend alors que cette prière pour l’unité concerne des hommes et des femmes qui connaissent personnellement le Christ, sa Parole, et dont il dira, au verset 17 : « Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité. »
L’unité des disciples de Dieu est heureusement une belle et grande réalité. Je suis allé au Népal, au Cambodge, en Argentine, au Cameroun, en Suisse… j’ai rencontré des chrétiens faisant partie de dénominations protestantes aux noms différents. Mais nous étions un, profondément unis en Christ.
L’Église est une. L’ekklesia, c’est-à-dire l’assemblée des hommes et des femmes que Dieu a sauvés, paraîtra devant le Fils de Dieu comme une seule épouse. Ce ne sont pas les catholiques ou les protestants qui seront son épouse. Ce sont tous ceux et toutes celles qui seront nés de l’Esprit dans la foi que Christ est mort pour leurs péchés, qui se sont repentis avec confiance pour leurs fautes, et qui cherchent à vivre devant la face de Dieu, en intimité avec Jésus.
Tous ceux qui ont reçu la vie éternelle sont un déjà maintenant et pour l’éternité.
Cet article est extrait du chapitre 18 du nouveau livre de Florent, Ce que chaque chrétien devrait savoir sur la catholicisme paru le 17 septembre 2026 aux Éditions BLF.






