La grâce en quelques mots
Quand je suis incapable de venir en aide à mes enfants, Dieu, lui, en est capable. Je peux lui demander d’intervenir.
Sarah avait douze ans et venait d’entrer au collège quand nous nous sommes rendu compte qu’elle traversait de sérieuses difficultés. Pourtant, nous n’avons pas pu l’amener à nous expliquer pourquoi elle nous suppliait chaque jour de ne pas l’envoyer à l’école. Un soir, au bout de plusieurs mois, la vérité a enfin éclaté : dans sa classe de sixième, des garçons la harcelaient sexuellement sous couvert de plaisanterie. Sarah avait honte et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Tandis que nous la tenions dans nos bras et séchions ses larmes, mon mari et moi luttions contre la colère, le chagrin et la peur. Nous nous sentions désarmés face à cet ennemi qui nous était alors inconnu.
Nos finances ne nous permettaient pas de l’envoyer dans une école chrétienne et il était inenvisageable que je lui fasse l’école à la maison puisque je venais de prendre un emploi à temps partiel dans notre Église pour payer les études de notre fils aîné. Nous nous sentions impuissants et n’avions aucune idée de ce que nous devions faire. Pourtant, ne rien faire était hors de question1.
Alors, nous avons fait ce que le peuple de Dieu a fait depuis des siècles lorsqu’il se trouvait confronté à une situation qui le dépassait : nous avons prié. Comme tant d’autres qui, avant nous, s’étaient retrouvés incapables de faire face à des circonstances compliquées, nous avons lu le récit de Josaphat, roi de Juda. Trois armées menaçaient de détruire le roi et tout son peuple. Le second livre des Chroniques nous raconte que Josaphat avait très peur et qu’il a fait la seule chose qui, selon lui, était envisageable face à une menace imminente : il a décidé de consulter l’Éternel et a ordonné à son peuple de jeûner et de prier Dieu de leur venir en aide. Josaphat n’a pas oublié qu’il servait le Dieu vivant, celui qui domine les rois de toutes les nations. Et voici comment il a prié :
Éternel, Dieu de nos ancêtres, n’est-ce pas toi qui es Dieu dans le ciel et n’est-ce pas toi qui domines sur tous les royaumes des nations ? N’est-ce pas toi qui détiens la force et la puissance, toi à qui personne ne peut résister ? […] Nous sommes sans force devant cette foule nombreuse qui vient nous attaquer et nous ne savons que faire, mais nos yeux sont sur toi.
– 2 Chroniques 20.6, 12
Le roi de Juda était confronté à une catastrophe d’ampleur nationale contre laquelle il ne pouvait rien. Ce que vivait notre fille Sarah s’abattait sur nous comme une avalanche, et nous nous sommes rendu compte que nous n’avions aucune solution. Je ne peux bien sûr pas comparer notre situation à celle du roi de Juda. Mais le Dieu auquel nous nous sommes adressés était exactement le même que celui que Josaphat avait supplié : le Dieu vivant et tout-puissant. Nous nous sommes jetés à ses pieds pour lui confier nos peurs, notre colère et nos doutes concernant la meilleure manière de protéger notre fille dans sa vulnérabilité, tout en honorant Dieu. Et nous avons demandé à d’autres de prier qu’il nous accorde la sagesse, la foi et la patience afin de pouvoir lui faire confiance et marcher par sa puissance.
En nous tournant vers Dieu dans la prière, nous avons reçu une conviction. La question qui s’imposait à nous était la suivante :
Croyions-nous que Dieu était assez puissant pour nous aider et que c’est par bonté et par amour pour nous qu’il nous avait placés dans cette situation ?
Notre réponse à cette question déterminerait tout le reste. En effet, si le Seigneur n’était pas notre seul espoir, nous risquions de faire ce qui nous semblait sage et de chercher des solutions humaines plutôt que de nous confier en sa sagesse. À défaut, nous pouvions sombrer dans le désespoir total. Mais en lisant la parole de Dieu, nous nous sommes rappelés qu’il nous était possible de prier avec confiance celui qui règne sur toutes choses. Voici ce que Dieu a répondu à Josaphat :
N’ayez pas peur et ne vous laissez pas effrayer devant cette foule nombreuse, car ce ne sera pas vous qui combattrez, ce sera Dieu […] Prenez position, tenez-vous là et vous verrez la délivrance que l’Éternel vous accordera.
– 2 Chroniques 20.15, 17
Nous avons compris que nous étions, nous aussi, appelés à nous présenter devant Dieu avec foi et à croire qu’il nous viendrait en aide.
Le récit de Matthieu 8.23-27 nous a également donné du courage : impuissants face aux vagues qui menaçaient de les faire couler au cours d’une terrible tempête, les disciples de Jésus, qui dormait dans le bateau, ont crié à l’aide :
Seigneur, sauve-nous, nous allons mourir ! Il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ?» Alors il se leva, menaça les vents du lac et il y eut un grand calme.
– Matthieu 8.25-26
Dans cette tempête que traversait notre famille, Dieu nous appelait encore une fois à lui faire confiance. En son temps et à sa manière, il nous a aidés à sortir vainqueurs de ce combat pour l’âme de notre fille.
À d’autres moments encore, nous avons fait face à « une foule nombreuse ». Mais cette expérience nous a permis de prendre davantage conscience de notre besoin de nous réfugier dans les bras du Père en toutes circonstances. Il est facile de l’oublier lorsque nous sommes trop occupées, trop fatiguées, ou quand nous pensons pouvoir gérer les choses par nous-mêmes. Voilà pourquoi être confrontées à notre impuissance est une bénédiction, si cela nous pousse à nous mettre à genoux devant le Dieu tout-puissant qui fait concourir toutes choses « au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés conformément à son plan » (Rm 8.28).
Vous êtes maman et vous aurez toujours des tas de choses à faire. Vous aurez donc toujours des raisons de ne pas prier… mais aucune n’est valable ! En effet, chaque jour, bon ou mauvais, vos enfants ont besoin avant tout, non pas de votre protection et de votre sagesse, mais de celle du Seigneur. Prenez donc la décision d’être une maman qui prie, une maman qui profite de cette merveilleuse possibilité de tout remettre à son Père céleste, qui est puissant et bon :
- Priez parce que Dieu vous l’ordonne ; c’est une manière de lui exprimer votre amour, votre confiance et votre dépendance (Ph 4.4-7).
- Priez parce que Dieu est proche de ceux qui cherchent son secours avec humilité (És 66.2 ; 1P 5.6-7).
- Priez parce que le Seigneur vous aime, vous et vos enfants, et qu’il sait mieux que vous ce dont nous avons besoin pour être sauvés et trouver la joie éternelle en Christ (Mt 6.33 ; Pr 3.5-6).
- Priez pour vous rappeler que vous êtes une créature limitée qui dépend de Dieu en toutes choses (És 41.13 ; Pr 16.9 ; Ps 121.1-2).
- Priez, car c’est seulement par la grâce de Dieu et par l’action de son Esprit que vous ne marcherez pas selon la sagesse du monde qui mène immanquablement à la mort (Ps 91 ; Mt 6.13 ; Ps 9.10-11).
Priez ainsi et vous pouvez être sûre que Dieu vous répondra. Peut-être pas de la façon dont vous l’auriez voulu ni au moment que vous auriez choisi. Mais si vous saviez tout ce qu’il sait, vous seriez convaincue que sa réponse est la meilleure.
Alors, priez comme Josaphat :
- En faisant confiance à Dieu.
- Humblement, en reconnaissant votre incompétence et vos besoins.
- En sachant que Dieu aime son peuple et a pour objectif premier son salut et sa joie éternelle.
- En admettant que vous dépendez de l’intervention puissante de Dieu.
- En acceptant que c’est par la grâce de Dieu seule que son peuple peut être sauvé.
Dans votre vie de parent, vous traverserez forcément des crises. Dans ces moments-là, quand vous ne saurez plus quoi faire, gardez les yeux fixés sur Dieu. Il aime venir en aide à ceux qui font appel à lui et il peut faire bien plus que ce que vous imaginez ou demandez (Ép 3.20-21) ! Il peut changer ce que vous êtes incapable de changer ; il peut guérir ce que vous êtes incapable de guérir. Et quand la crise est passée et que la vie redevient plus facile, n’oubliez pas ce que vous avez appris. Dieu accorde sa sagesse, son conseil et sa force à ceux qui viennent à lui dans la prière. La chose la plus importante que vous puissiez faire pour vos enfants, c’est d’être une maman qui prie, qui fait confiance à Dieu et qui compte sur lui dans les pires journées comme dans les meilleures.
Un moment pour réfléchir
- Qu’est-ce que la prière de Josaphat vous apprend sur Dieu ? En quoi cela vous pousse-t-il à prier pour vos enfants ?
- Dans quelles circonstances — qui vous dépassent ou que vous ne comprenez pas — avez-vous besoin de la sagesse et de l’aide de Dieu en ce moment ?
- Note d’éditeur : En France, toute personne ayant connaissance d’agressions sexuelles sur mineur est tenue par la loi de le signaler. Pour plus de renseignements, appelez le 119 (service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger). Pour toute violence sexuelle ayant eu lieu au sein d’une structure, Église, union ou œuvre protestante évangélique, contactez le service « Stop Abus » du CNEF : contact@stop-abus.fr. ↩︎
Cet article est extrait du livre Il t’offre sa grâce : 30 méditations pour les défis de la vie de maman, de Linda Green et Sarah Walton, BLF Éditions, 2025, pp. 105-110.


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