Abus sexuel: comment sortir du silence?

Les années passent et pourtant, le temps ne semble pas aider à oublier. Vous avez sûrement essayé des dizaines de solutions pour échapper aux souvenirs, aux douleurs, au mélange de culpabilité et de colère, à tel point que tout semble désormais confus dans votre tête. Parler de cet abus sexuel? À quoi bon ressasser le passé, autant se résigner et vivre avec. J’aimerais vous convaincre du contraire, car la vie que vous vivez n’est tout simplement pas la vie abondante que Dieu a en réserve pour vous. Voici 4 étapes qui vous permettront de percevoir, au bout du tunnel, une vie plus excellente.

1. Comprendre les faits

a. La loi française qualifie et condamne l’abus sexuel

La loi française dit que « Constitue une agression sexuelle, toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise » et que « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol ».

Aux yeux de la loi, l’abus sexuel et le viol constituent un crime. 

Même si dans les faits, les procédures judiciaires sont longues et ne donnent pas toujours gain de cause à la victime, il est important de savoir que l’abus sexuel est interdit par la loi et potentiellement, très sévèrement condamné. Si les faits sont avérés, voici 2 notions fondamentales qui en découlent:

  • L’abuseur est coupable et subit la condamnation juridique de ses actes.
  • L’agressé est victime et obtient une reconnaissance du préjudice subi.

Si une personne mineure a été sexuellement agressée, elle dispose d’un délai de 10 ans, après sa majorité pour porter plainte. En cas de viol, le délai est de 30 ans après la majorité. Quoiqu’il en soit, avant de se lancer dans cette procédure, il faut savoir que la durée entre un dépôt de plainte et l’annonce du jugement est d’environ 3 ans. Pour être accompagné dans cette démarche judiciaire, un chat en ligne a été créé ici: https://www.service-public.fr/cmi.

b. Dieu hait et condamne les abus sexuels

Dans la Bible, des passages comme Mt 18.6 et Dt 22.25-27 montrent très clairement que Dieu a en horreur toute forme d’abus. 2 vérités bibliques fondamentales sont à considérer:

La justice de Dieu

  • Abuser sexuellement d’une personne (majeure ou mineure) est un grave péché.
  • Dieu juge ces actes odieux: il condamne l’abuseur et le punit tel un meurtrier.

La grâce de Dieu

  • Le pardon de Dieu est possible pour un abuseur repentant qui reconnaît son péché. Le sang de Jésus a coulé à la croix pour payer le prix de ce péché aussi. 
  • Jésus est le défenseur et le restaurateur des victimes d’abus sexuel. C’est par ses meurtrissures que vous pouvez être guéris (Es 53.5).

Là où la loi française classe sans suite 8 dépôts de plaintes pour viol sur 10, l’Évangile apporte la bonne nouvelle de la justice et de la grâce divine. Dieu a déjà fait le nécessaire à ce sujet et bientôt, cela sera parfaitement accompli.

c. Rejeter la fausse culpabilité

Après avoir compris ce que la Bible dit au sujet des faits, il est important d’accepter les faits. Or trop de victimes d’abus pensent qu’elles ont une part de responsabilité dans ce qui s’est passé. Peut-être êtes-vous aussi dans ce cas? 

La culpabilité est la perception (à tort ou à raison) que l’on mérite un châtiment. En tant que victime d’abus sexuel, il est fondamental de comprendre que l’agression n’était absolument pas méritée. Pour savoir si cette culpabilité est bonne ou fausse, voici ce que dit Paul Tournier: « La distinction entre une « fausse » culpabilité et une « vraie » n’est pas du tout une distinction entre un tort imaginaire ou un tort réel causé à autrui. Le critère est tout différent: il s’agit de savoir si la conduite a été contraire à la volonté de Dieu ou conforme à celle-ci…Il ne s’agit donc pas de savoir si une conduite est jugée coupable ou non par la société, mais si elle est ordonnée ou non par Dieu dans le cas particulier. »

Si la Parole de Dieu dit que l’abus sexuel est prohibé, alors la culpabilité repose sur la personne qui a enfreint le commandement. La colère de Dieu est dirigée envers l’abuseur qui a désobéi, et non envers la victime. Par conséquent, toute culpabilité qui vit dans le cœur d’une personne abusée n’a aucun fondement. Elle est purement et simplement erronée.

À ce point-ci, il est important de veiller à ne pas tomber dans le bourbier de la victimisation. Rejeter la fausse culpabilité, ne consiste pas à croire que le traumatisme vécu vous octroie des droits ou des privilèges particuliers. Être victime, c’est ne pas avoir de responsabilité particulière dans un évènement qui s’est déroulé. C’est un verdict, et non une étiquette qui pourrait légitimer un mode de vie, cautionner un blâme excessif voire même tolérer de mauvais sentiments du cœur. Se victimiser est aussi un péché en soi. 

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » nous dit Jésus en Mt 11.28.

2. Sortir du silence: Parler

Que cela se soit passé il y a 3 mois, ou il y a 30 ans, l’une des grandes étapes clés pour amorcer un processus de restauration, c’est de mettre des mots sur les maux survenus pendant et après l’agression.

Parler à qui?

Allez voir quelqu’un de bienveillant avec qui vous vous sentez à l’aise et avec qui vous pourrez vous exprimer sans aucun jugement. Un(e) ami(e), une grande sœur ou un grand frêre dans la foi, un(e) responsable d’Eglise, un(e) conseiller biblique. Quoiqu’il en soit, ne restez pas enfermé dans le silence. Priez pour que le Seigneur vous mette à cœur quelqu’un et qu’il vous donne la force d’aller le voir.

Pourquoi parler?

Parce que la vie que vous vivez à l’heure actuelle, dans l’ombre, la défiance, la honte et les luttes n’est pas une vie du tout. Il y a un Dieu quelque part dont la lumière semble imperceptible qui veut agir, et mener ce combat pour vous. Il veut faire, ce que lui seul peut faire: consoler, recueillir les larmes, rebâtir, nourrir l’amour, etc… 

En effet, voici ce que dit le Très-Haut, celui dont l’habitation est éternelle et le nom saint: « J’habite dans les hauteurs et la sainteté, mais je suis aussi avec l’homme brisé et abattu afin de redonner vie à l’esprit abattu, afin de redonner vie au cœur brisé. »

Esaïe 57.15

3. Les fruits du pardon

Face à une agression, il y a plusieurs manières de réagir: la vengeance, l’oubli ou encore le déni.

Aucune de ces réactions ne conduit à la paix. La seule voie qui existe pour commencer à marcher dans la confiance en Jésus, est de valider l’histoire vécue, d’accepter les émotions survenues et d’aller au trône de la grâce avec tout cela. À cet endroit, Dieu vous aidera à fixer vos limites, à adopter la bonne attitude et à faire le choix de pardonner à celui qui vous a offensé. 

La Bible, et notamment Mt 18.21-35, Lc 11.4 et Mt 6.14-15, nous enseigne plusieurs choses sur le pardon:

  • Il implique l’annulation d’une dette. Cela signifie que nous abandonnons l’idée de ressasser sans cesse l’offense subie.
  • Il a un coût. Cela signifie que nous acceptons de lâcher quelque chose à laquelle nous tenons.
  • Il est un commandement. Cela signifie que ne pas pardonner est une forme de désobéissance.
  • Il est un choix ponctuel et perpétuel. Cela signifie qu’à chaque souffrance remémorée, il est important de pardonner encore.
  • Il a des conséquences sur notre bien-être. Ne pas pardonner nourrit l’amertume et étouffe la voix du Saint-Esprit qui veut nous conduire dans toute la vérité. Pardonner libère et tranquillise.
  • Le pardon libère notre capacité à développer des relations saines et à adorer Dieu avec une conscience pure et sans reproche.

Même si la liste n’est pas exhaustive, le pardon est une porte ouverte sur le chemin de l’espérance. Si Jésus nous l’a montré alors qu’il agonisait sur la croix, alors nous devons l’imiter de la même manière.

Pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense et ne nous induis pas en tentation.

Luc 11.4

4. Marcher par la foi

Une fois que la parole a été libérée et que le choix du pardon a été fait, c’est une nouvelle page de votre vie qui peut enfin s’écrire. Le processus de restauration est une progression vers l’espérance, la joie insoupçonnée et la sérénité. 

Le vrai sens de la vie ne se trouve qu’auprès de notre Seigneur Jésus-Christ. Plus nous allons à sa rencontre, plus nous le connaissons, et plus nous grandissons dans sa dépendance. Voilà ce qui définit la marche par la foi pour une vie qui a du sens, une vie qui s’épanouit en lui. 

La foi nous arrache au monde présent et nous permet de nous attacher fermement à ce qui n’est pas encore palpable. Plus nous marchons par la foi et plus nous discernons avec clarté et empressement la patrie céleste qui nous attend:

C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir reçu les biens promis, mais ils les ont vus et salués de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu la nostalgie de celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais en réalité, ils désirent une meilleure patrie, c’est-à-dire la patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.

Hébreux 11.13-16

Un dernier mot

Même si on ne sait pas d’avance tout ce que le Seigneur va faire dans nos vies, même si tout ne sera jamais complètement oublié, nous pouvons avoir l’assurance qu’il peut nous donner de vivre une vie qui le glorifie et l’honore. Un jour, bientôt proche, le Seigneur effacera toutes larmes de vos yeux, la souffrance n’existera plus, et il rendra toute chose nouvelle. Cette promesse est pour tous ses enfants, donc elle l’est pour vous aussi.

Pour aller plus loin, voici plusieurs livres que je vous conseille:

Aurélie Bricaud

Depuis plusieurs années, Aurélie est engagée dans un ministère auprès de la jeunesse. Après s’être formée à l’accompagnement spirituel, elle souhaite encourager les chrétiens à persévérer dans une vie de piété qui contient des trésors insoupçonnés. Elle est mariée à Sylvain, ils ont deux enfants, et ensemble ils dirigent Teen Ranch, un centre de vacances chrétien.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Angie Velasquez Thornton.

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