5 mythes autour des loisirs (2ème partie)

Attention, cet article est la deuxième partie de celui-ci publié la semaine dernière.
Commencez par lire le début si vous ne l’avez pas encore fait =) !

Mythe 3: le repos dominical n’est pas une nécessité.

Une des carences les plus flagrantes chez les personnes que j’ai suivies dans le cadre de dépressions est l’absence de repos dominical régulier. Quand je parle de repos dominical, je pense à un temps de joie, de repos et de rafraîchissement, centré sur l’adoration de Dieu, sur le partage avec la communauté de l’Église locale et sur le renouvellement des relations familiales. Je suis intimement persuadée que dans nos cultures modernes, la plus grande cause de stress, d’anxiété, d’épuisement et de dépression vient du refus du repos dominical (six jours de travail, un jour de repos). Lequel a été donné par un Dieu sage et rempli de compassion.

Comme Jésus l’a dit: « Le sabbat a été fait pour l’homme » (Mc 2.27), et cela inclut les femmes! Observer le repos dominical est particulièrement important pendant l’ère du Nouveau Testament. En effet, le principe moral du sabbat a été purgé des règles temporaires de la loi mosaïque d’Israël concernant les cérémonies et les règles civiles.

Même le monde séculier voit de plus en plus l’intérêt du repos hebdomadaire (même si Dieu n’a rien à voir avec cela) en promouvant les avantages sociaux, psychologiques et de productivité d’un jour de repos hebdomadaire. Combien plus profitable sera un repos hebdomadaire centré sur notre Créateur. C’est un cadeau, non une menace. C’est un temps pour soigner le corps, l’esprit, l’âme et nos relations avec les autres et avec Dieu. C’est le moyen que Dieu donne pour appliquer une perspective spirituelle et éternelle à nos vies. C’est un espace de ressourcement que Dieu nous offre. Nous n’avons donc pas à avoir honte de profiter pleinement de ce septième jour. Tout comme nos muscles ont besoin de récupérer après l’effort, nos vies vont être plus productives si nous profitons tout à fait du repos que Dieu nous octroie.

C’est le jour où nous pouvons nous concentrer entièrement sur Dieu, par l’adoration publique, avec son peuple et à la maison, en famille. C’est le jour où nous pouvons oublier le tourbillon du travail, de l’argent, du transport des enfants, des courses. Ne plus avoir le ventre noué par la liste des choses à faire. C’est le jour où l’on prend vraiment le temps de manger en famille et où personne ne doit courir quelque part. C’est le jour où l’on échange sur la prédication, où l’on parle de la semaine passée et où l’on remercie Dieu pour tout ce qu’il a fait dans nos vies. C’est un jour où notre corps, notre esprit et notre âme sont rééquilibrés et rafraîchis en prévision de la semaine à venir. C’est le jour que Dieu a fait spécialement pour vous et pour moi. Honorons-le en faisant ce que Dieu a prévu pour nous: se reposer.

OUI, le repos hebdomadaire est une nécessité!

Mythe 4: les vacances annuelles de loisir ne sont pas une nécessité.

Cela vous semble bizarre de trouver les mots loisirs et vacances dans la même phrase? Pour nombre d’entre nous cela semble être un pléonasme. Pourtant nous nous sentons coupable de laisser notre travail en attente pendant quelques jours. Cela nous semblerait presque plus facile de ne pas être en vacances au vu de toute la préparation nécessaire avant de partir et de tout le travail à récupérer au retour. Pour ceux d’entre nous qui ont des enfants, ils se souviennent peut-être des fois où ils ont été malades ou ont eu un accident.

Malgré ces difficultés, je ne loupe pas ces vacances annuelles, car c’est un élément-clé du ressourcement physique, mental, émotionnel et spirituel.

Ce n’est pas seulement vrai pour moi, mais aussi pour toute ma famille. Les vacances sont un temps de souvenirs, souvenirs que vous ne pouvez pas avoir à la maison. Les vacances lient amis et familles d’une manière unique. Elles vous font découvrir des Églises dont vous ne soupçonniez même pas l’existence et rencontrer des chrétiens que vous ne connaissiez pas. Elles vous font prier pour ces mêmes chrétiens. Elles vous font découvrir un peu plus la création de Dieu et la puissance de l’Évangile dans la vie d’autres gens. Elles enrichissent votre vie spirituelle. Elles vous permettent de rire avec d’autres personnes. Elles créent des souvenirs communs. Elles vous montrent la protection de Dieu sur des routes et des lieux inconnus. Je connais un couple de chrétiens qui avait décidé une fois de passer leurs vacances annuelles à la maison. Ils ont trouvé cette expérience assez intenable. Alors partez!

Mythe 5: je n’ai pas de temps pour me reposer

Sans repos, notre corps se fatigue de façon chronique, nous tombons malade et mourrons probablement plus vite. De nombreuses études étayent cela: désordres inflammatoires, cancers, déficits cardiaques en accentuent le risque. De plus, sans repos régénérant, nous souffrons spirituellement. Corps usé, esprit harassé, émotions à cran, âme épuisée.

Si nous croyons vraiment que notre corps appartient à Christ et qu’il vit en nous, nous prendrons du temps pour nourrir notre corps, pour notre bien-être physique, mental, émotionnel et par-dessus tout spirituel. Ne pas nous octroyer un temps de repos, c’est ne pas reconnaître la fragilité de notre humanité et ses besoins particuliers.

Priorisons le repos, la relaxation. Car, si nous n’arrêtons pas la poursuite quotidienne effrénée d’une promotion, d’argent, d’une moyenne scolaire, d’amis, de succès, de popularité, du plaire aux autres, nous ne prendrons pas le temps nécessaire pour connaître chaque jour Dieu comme notre créateur, notre sauveur, notre ami et notre Seigneur. Au contraire, nous vivrons comme si nous étions notre propre sauveur, celui des autres et notre propre seigneur. Aucun croyant ne veut vivre cela, n’est-ce-pas?

Ironiquement, de longues heures de travail passées pour l’Église, pour un séminaire, pour la maison ou la mission, peut résulter cet éloignement de Dieu. Si nous répondons à notre « appel », nous pouvons négliger la recherche de Dieu lui-même en négligeant le silence et l’abandon. C’est alors que le corps que nous pensions de peu d’utilité spirituelle risque de le devenir s’il nous fait tomber dans le vice de façon dramatique.

Pour accepter la bénédiction qu’est le repos donné par Dieu, il faut de la foi. Foi en ce que Dieu ne me demande pas d’être sur le pont pour tout et tout le monde 24h/24. Confiance en Dieu pour penser que des temps réguliers de repos sont plus importants que des heures frénétiques dédiées à une productivité sans fin. Croire Dieu quand il me dit que ce ne sont pas mes œuvres qui me sauvent, mais lui. Croire qu’il va développer mon travail, qu’il va subvenir à tous mes besoins, à ceux de ma famille et à ceux de son Église. Accepter le don du repos de Dieu c’est dire: « Mon travail et ma productivité ne m’assurent pas ma journée ou mon avenir. Je suivrai les instructions de mon créateur, je ferai attention à mon corps, son temple et jouirai de la bénédiction de mon créateur ».

OUI, j’ai besoin de prendre du temps pour le repos!

Conclusion

Je ne vois plus le repos donné par Dieu au travers des verres déformants du charnel, du monde, de la paresse, de l’idolâtrie, de l’égoïsme, de l’improductivité. Bien au contraire, je vois la bénédiction du repos de Dieu au travers des verres non déformants du temps, de l’affranchissement des obligations diverses, du repos et de la joie. 

Alors posez vos outils, votre balai, éteignez votre portable. Arrêtez ce que vous êtes en train de faire. Prenez quelques minutes pour le spirituel, minutes journalières, hebdomadaires, annuelles et minutes indispensables pour rafraîchir votre corps, votre esprit, vos émotions et votre âme.

« Arrêtez, et sachez que je suis Dieu! » (Ps 46.10).

Jésus leur dit: « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu. En effet, il y avait beaucoup de monde qui allait et venait, et ils n’avaient même pas le temps de manger. » (Mc 6.31).

Cet article contient des adaptations d’extraits du livre Refresh: Embracing a Grace-Paced Life in a World of Endless Demands, de Shona et David Murray.

Merci à Christine Davée pour la traduction de cet article.

Shona Murray

Shona Murray est mère de cinq enfants et a fait l'école à la maison pendant quinze ans. Elle est médecin et a été médecin de famille en Écosse jusqu'à ce qu'elle déménage aux États-Unis avec son mari, David.

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