10 pistes pratiques pour la préparation d’un message textuel

J’ai récemment eu le privilège de diriger un groupe pour les femmes sur l’enseignement textuel par le biais de SOLA: Femmes Scriptura. Au cours d’une de nos sessions, nous avons discuté des conseils suivants pour la préparation d’un message textuel.

1. Priez

La prière devrait être notre outil à chaque étape du processus car nous nous soumettons à la Parole de Dieu dans la prière et nous faisons tout ce que nous faisons en dépendant entièrement de Dieu. Nous ne pouvons pas expliquer de manière suffisante les mystères de Dieu par nos propres moyens. Nous devons le faire en dépendant de lui. Tout d’abord, nous voulons prier pour que l’Esprit de Dieu fasse une œuvre de transformation dans nos propres cœurs, alors même que nous cherchons à être des instruments entre ses mains pour la transformation de nos auditeurs. 

En même temps, nous avons besoin de l’Esprit pour nous éclairer lorsque nous ouvrons la Bible pendant la préparation. Nous avons besoin qu’il nous donne la sagesse lorsque nous transformons des notes d’étude en un message simple et puissant. Nous avons besoin qu’il nous garde humbles et dépendants dans les moments précédant la prise de parole pour enseigner, et nous avons besoin qu’il travaille dans le cœur de nos auditeurs, afin que sa puissance accomplisse ses desseins pour eux. 

2. Choisissez votre passage

Pour ceux qui aspire à enseigner la Parole de Dieu, il se peut qu’au début, les opportunités d’apporter une méditation ou un court message viennent de façon ponctuelle. Ce processus de sélection est important et ne doit pas être fait à la légère. Si dans votre Église on choisit habituellement les épîtres, pourquoi ne pas apporter un enseignement à partir d’un Évangile, ou un livre historique de l’Ancien Testament? L’essentiel est de le placer dans le contexte du livre dans son ensemble, et de laisser le message du passage ressortir au lieu de choisir un texte à partir d’une leçon qu’on veut donner. Dans ce dernier cas, on risque d’imposer notre interprétation sur le texte, au lieu de le laisser nous instruire. 

3. Vous n’avez pas besoin d’enseigner verset par verset

Si cela vous semble impensable, c’est vrai. Mark Dever, fondateur de 9Marks, a enseigné tout le livre d’Ésaïe en un seul sermon. Il a également enseigné des survols de longs livres de la Bible en quelques messages. Parfois, nous avons besoin de creuser profondément dans chaque mot d’un court passage, mais d’autres fois, nous avons besoin de donner une vue d’ensemble d’un livre en volant à 30 000 pieds au-dessus et en prenant quelques photos panoramiques.

4. Proclamez Christ

Si vous connaissez mon écriture, vous savez que je reviens souvent à l’importance de s’assurer que Christ soit au centre de notre message. Le passage le plus fondamental pour cette conviction se trouve en Luc 24.26-37, 44-47. Mais il existe une myriade de passages qui soutiennent cette conviction:

C’est lui que nous annonçons, en avertissant tout le monde et en enseignant tout le monde en toute sagesse, afin de rendre chacun mûr en Christ.

1 Co 1.28

Mais nous, nous prêchons le Christ crucifié, qui est pour les Juifs une pierre d’achoppement et pour les païens une folie.

1 Co 1.23

Car j’ai résolu de ne rien connaître, pendant que j’étais avec vous, sinon Jésus-Christ et lui crucifié.

1 Co 2.2

Malheur à moi si je n’annonce pas la bonne nouvelle!

1 Co 9.16b

Les hommes de nos Églises n’ont pas seulement besoin de conseils pour être de meilleurs employés, maris et pères. Les femmes de nos églises n’ont pas seulement besoin de conseils pour devenir de meilleures employées, épouses et mères. Ils ont besoin de l’Évangile qui transformera non seulement leur mariage et leur parentalité, mais toute leur vie. Que notre enseignement soit connu comme étant saturé de la bonne nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ! Car c’est cette bonne nouvelle qui produira le fruit de l’Esprit durable en nous et en nos auditeurs.

5. Ne vous perdez pas dans les détails

Certains enseignants aiment passer les 15 premières minutes de leur message à expliquer le contexte. Mais si cela peut impressionner nos auditeurs par la quantité d’informations bibliques que nous connaissons, cela ne les aidera pas nécessairement à mieux comprendre le message principal du passage. J’ai entendu dire que l’idée principale de notre texte est comme un diamant précieux. Et le contexte est comme la monture qui maintient ce diamant en place. Lorsque nous admirons la bague de fiançailles d’une amie, nous ne nous émerveillons pas devant les griffes métalliques qui maintiennent la pierre en place. Nous admirons le diamant!

De même, lorsque nous enseignons un passage, consacrons une minute ou deux au début à l’explication du contexte, et revenons-y lorsque c’est nécessaire dans le corps du message, mais surtout, faisons briller la lumière sur le magnifique diamant qu’est le message de notre texte centré sur Christ!

6. Restez attaché(e) à votre passage

Dans mon premier cours de prédication à la faculté de théologie, mon professeur Dr. Daniel Green nous a interdit d’utiliser des références croisées. Il a insisté sur le fait que nous devions creuser profondément dans notre propre texte et ne pas nous éparpiller partout. Cela a été un défi, mais je lui suis redevable, car Dr. Green m’a appris à travailler minutieusement sur un texte. Il m’a aidée à comprendre que, lorsque j’enseigne, chaque minute que je passe dans les références croisées est une minute de moins que je peux consacrer à l’exploration des profondeurs de mon propre texte. Depuis, je me suis permise d’inclure des références croisées dans mon enseignement, mais je le fais de manière judicieuse. À ce sujet, Daniel Thornton propose une approche qui ressemble plus à un microscope qu’à un kaléidoscope.

7. Vous n’avez pas à vous cacher derrière le texte

Les auteurs des Écritures ne se cachait pas derrière le texte. Paul avait un style distinct de celui de Luc, Jean, etc. Nous le voyons mieux dans les évangiles synoptiques, où chaque auteur met en avant des thèmes différents. Luc, par exemple, mettait particulièrement l’accent sur les femmes, les païens et les pauvres. Vous ne devez pas faire en sorte que le sermon soit centré sur vous, mais vous devez rester vous-même. N’ayez pas peur de raconter des histoires dans lesquelles vous avez échoué et ensuite appris les leçons auxquelles vous appelez vos auditeurs. 

8. Servez-vous de la répétition

Si nous voulons que les gens se souviennent de ce que nous enseignons, nous devons leur fournir des outils qui les aideront à le faire. Un outil de base est la répétition. C’est très simple. Au début de votre message, dites à vos auditeurs où vous allez, par exemple vos trois points principaux. Enseignez ces trois points principaux. Et dans votre conclusion, rappelez-leur ces points. Il en va de même pour le point principal de votre message. Essayez de le cristalliser en aussi peu de mots que possible. Et énoncez-le clairement au début de votre message: « Nous allons découvrir aujourd’hui que le message de ce texte est… ». Puis répétez-le tout au long de votre message. Personnellement, j’aime que ce soient mes derniers mots après mon illustration pour conclure.

9. Pensez au langage corporel et au ton

Que vous soyez assis(e) sur un canapé dans le salon de quelqu’un ou debout derrière un pupitre dans l’une des salles de classe de l’école du dimanche de votre église, le contact visuel est essentiel pour une communication efficace. N’appréciez-vous pas que les gens vous regardent dans les yeux lorsqu’ils vous parlent? Il en sera de même pour nos auditeurs. Notre corps envoie des messages dont nous ne nous rendons même pas compte, tout le temps. C’est la raison pour laquelle des professionnels qualifiés peuvent dire quand quelqu’un ment, même si cette personne pense qu’elle parle de manière convaincante.

Lorsque nous enseignons la Bible, notre ton et notre attitude doivent correspondre à ceux du texte. Il ne serait pas approprié de faire des blagues en enseignant un psaume de lamentation. Et il serait tout aussi impensable d’enseigner un psaume de louange avec peu d’enthousiasme, comme si nous n’étions pas le moindrement convaincus de la joie et de la merveille de connaître l’Éternel.

10. Ne soyez pas ennuyeux

Très souvent, les gens pensent que la Bible est ennuyeuse parce que les enseignements qu’ils en ont reçus étaient médiocres. Mais la Bible est fascinante! Elle est si pleine d’intrigues, de mystères, de profondeur et de drame! J’adore ça! Jésus n’a jamais été ennuyeux. Sa Parole n’est pas ennuyeuse. Nous ne devrions jamais être ennuyeux. Notre discours doit être simple, facile à comprendre, imprégné de langage sensoriel et de figures de style. Nous ne devons pas nous contenter de dire à nos auditeurs que quelque chose est beau. Au contraire, nous devons la décrire de manière si imagée qu’en réponse, ils déclarent: « Que c’est beau! ». 

Voici ce que dit à ce sujet Haddon Robinson, l’un des parrains de la prédication textuelle:

L’ennui est comme l’anthrax. Il peut tuer. Il y a plus de gens qui ont perdu la foi chrétienne par l’ennui que par le raisonnement. Les sermons ennuyeux et insipides ne font pas seulement baisser les yeux et hocher la tête, ils détruisent la vie et l’espoir. Quel plus grand dommage pouvons-nous faire à la foi des gens que de leur faire sentir que Dieu, Jésus-Christ et la Bible sont ennuyeux?

Si nous croyons vraiment que la Bible est la voix de Dieu inscrite dans les Écritures, alors nous l’enseignerons avec passion et conviction. Après tout, alors que la nature murmure la beauté et la majesté de son créateur, les Écritures crient ses louanges! Et lorsque nous enseignons sa Parole, nous lançons une invitation sans pareille, une invitation à entrer en relation avec le Dieu trinitaire. Que la majesté et la gloire de celui-ci saisissent toujours nos cœurs et nos esprits.

Angie Velasquez Thornton

En équipe avec son mari Daniel, Angie a servi le Seigneur au Sénégal pendant 10 ans, dans la formation des leaders. Installés à Montréal avec leurs 2 filles depuis août 2017, ils servent à l'Église Baptiste Évangélique Emmanuel et dans l'AEBEQ. Angie est titulaire d'un MDiv de Moody Theological Seminary. Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Aurélie Bricaud. Elle est également Responsable du ministère féminin de SOLA (TGC Québec).
Découvre également sa chaîne YouTube par ici.

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