10 Leçons apprises en 10 ans d’école publique

La semaine dernière j’étais invité à Radio Moody pour discuter si oui ou non des parents chrétiens devraient envoyer leurs enfants à l’école publique.

Je ne suis pas opposé à l’école à la maison ou à l’école chrétienne — même pas un peu — mais je persiste à croire que l’école publique est une solution légitime pour les parents chrétiens, et c’est la position qu’on m’a demandé de représenter. C’est un sujet assez controversé dans le christianisme aujourd’hui.

En préparant mon intervention, je suis retourné dans mes archives pour retrouver ce que j’avais écris à ce sujet dans le passé. Je me suis rendu compte que ça faisait déjà 8 ans que j’avais commencé à en parler;  quand notre fils était en première année. Il est sur le point de passer sa 8e année et ça me semble être une super opportunité de revoir ma copie et de me demander qu’a-t-on appris durant ces 10 années d’école publique (qui comprennent 2 ans de crèche)? J’en ai parlé à Aileen et on s’y est mis à 2 pour vous livrer ces 10 leçons apprises après 10 ans d’école publique pour nos 3 enfants.

1. Développez et approfondissez vos convictions

J’ai souvent remarqué que les parents qui choisissent l’école publique sont représentés comme des parents passifs, comme s’ils n’en avaient pas le choix. Alors que les parents qui font l’école à la maison ou qui envoient leurs enfants à l’école chrétienne sont ceux qui ont les idées franches et claires. Avouons, c’est parfois le cas et si vous avez peu de convictions vous ne risquez pas de faire l’école à la maison. Mais avant que Aileen et moi ne mettions nos enfants à l’école nous avons développé et approfondi nos convictions à propos de l’école publique et ces convictions ont validé notre projet d’école publique. Nous avons régulièrement fait un bilan et nous avons gardé ces convictions. Mon conseil aux parents qui réfléchissent à l’éducation de leurs enfants est le suivant: développez et approfondissez des convictions bibliques, apprenez à répondre charitablement à ceux qui n’atteignent pas les mêmes conclusions que vous.

2. C’est possible

Il existe des craintes dans le rôle de parent. Et elle sont encore plus grandes concernant l’école publique. Spécialement quand tant de chrétiens vous avertissent de tout ce que vous risquez de perdre en faisant un tel choix. Celui qui représentait l’école à la maison dans mon passage radio la semaine passée disait que quelque chose comme 83% des enfants de chrétiens qui sont parachutés en école publique rejettent la vision chrétienne du monde. C’est un chiffre effrayant, mais je suis loin d’être convaincu qu’il soit exact, surtout quand on considère que la définition de « chrétien » dans ce genre de stats est compliquée.

Par la grâce de Dieu, ces 8 dernières années n’ont pas ruiné ni fait de mal à nos enfants, en tous cas autant qu’on pourrait s’en rendre compte. J’avouerais qu’ils sont encore jeunes et qu’ils ont encore du chemin à faire, mais en nous évaluant, on ne pense pas avoir fait de mauvais choix durant ces années. Nous avons fait ces choix à la lumière de convictions bibliques, et nous croyons que notre expérience valide ces convictions.

3. C’est la famille qui intègre l’école publique

La 3e leçon est la suivante: vous n’envoyez pas vos enfants à l’école publique : vous y envoyez votre famille complète. Ce que je veux dire, c’est que l’école publique demande la participation des parents qui est, selon notre expérience, une valeur de l’école tout autant que la nôtre.

Nous avons tenté de nous impliquer dans l’école et auprès des instituteurs. Ce qui veut dire que ma femme était volontaire et donnait à peu près une matinée par semaine à l’école et que nous étions tous les 2 volontaires pour les sorties de classe. Plus encore, nous avons cherché à connaître ceux et celles qui enseignaient nos enfants et d’avoir des relations avec eux d’année en année. Ils ont apprécié notre investissement et nous avons apprécié leur support. Ceci étant une de nos grosses leçons apprises dans l’excellent livre Going Public.

4. N’envoyez pas vos enfants en tant qu' »évangélistes »

Une des motivations connue du choix de l’école publique pour certains est d’envoyer leurs enfants en tant que « sel et lumière » au milieu de leurs camarades. C’est un dur fardeau sur les épaules de petits enfants, surtout quand ils ne sont pas chrétiens. Les enfants ne naissent pas chrétiens; par conséquent on ne peut pas les considérer comme de petits évangélistes avant qu’ils ne se convertissent. Nous n’avons jamais placé cette responsabilité sur les épaules des nôtres. (Ceci étant dit, nous avons remarqué que c’est en développant un intérêt pour l’Évangile et en devenant croyants que nos enfants ont développé un intérêt pour la mission.)

En grandissant, les enfants ont eu d’excellentes conversations avec leurs camarades et ce sont eux qui ont décidé de piller mon rayon de bibles à la maison pour les emmener à l’école).

5. Soyez ouverts aux alternatives

Aileen et moi écoutons le vieil adage « Un enfant à la fois, une école à la fois, une année à la fois ». Nous ne sommes pas des accros à l’école publique aveuglément et nous nous sentons prêts à explorer d’autres solutions si elles semblent plus sages.

Le passage de mon fils à la grande école nous a donné de bonnes occasions de reconsidérer l’alternative de l’école chrétienne. On gère mieux l’école publique quand on est prêt à ne pas en faire le choix.

6.L’Église est impliquée

Élever un enfant, ça demande l’effort d’une Église. C’est vrai, que votre enfant soit dans un environnement chrétien, à la maison ou à l’école publique. En étant impliqués à l’école publique, nos enfants ont aussi été profondément impliqués dans une Église solide où leurs amis et les adultes ont investi en eux. Quand mes enfants luttaient avec des problèmes de l’ordre de la foi, j’ai trouvé vraiment aidant de pouvoir les diriger vers d’autres chrétiens qui sont aussi mes amis. Notre Église supporte nos choix d’éducation par son investissement dans la vie de nos enfants.

7. Les instit’ sont vos amis

Nous avons rencontré beaucoup d’instit’ ces 10 dernières années, et notre expérience est généralement positive. C’est trop facile de caricaturer les profs comme étant tous des gauchistes impénitents, vils et pervers qui rêvent de corrompre et de détruire la vie de nos enfants. Nous avons rencontré des enseignants qui aimaient nos enfants et éprouvaient de la joie dans leurs réussites.

Quand nous exprimions nos inquiétudes concernant une partie quelconque du programme, nous avons été bien accueillis. On était à l’aise avec eux. D’après nos expériences, ces caricatures sont injustifiées. Nous avons plus à gagner de considérer ces enseignants comme nos alliés et nos amis.

8. Préparez-vous aux difficultés

Ce serait mentir que de dire que ces années ont été un long fleuve tranquille. Nous avons rencontré des situations difficiles durant ces années: enseignants manquant de compétence ou de compassion, camarades cruels, fausses croyances, sorties de classe que nous avons décidé d’éviter. Mais nous savions que ces situations apparaitraient; et même si notre préparation ne nous a pas permis de les éviter, cela nous a permis d’y répondre de manière appropriée et d’avancer avec nos enfants au travers de celles-ci.

9. Nous sommes tous « Homeschoolers »

Inviter l’école publique à enseigner nos enfants ne veut pas dire que nous avons complètement délégué l’éducation. Nous restons investis dans ce qu’ils font, ce qu’ils apprennent, leurs meilleurs amis, et tout le reste. Peu importe qui enseigne vos enfants et où ils le font, ils ont besoin de vous à leurs côtés. C’est la voix de leurs parents qui pèse le plus dans leur vie; en les amenant à la Bible, ensemble, nous pouvons explorer, expliquer et interpréter tout ce qui croise le chemin de leur vie. Nous sommes tous des « homeschoolers »!

10. Prenez-y du plaisir

Nous avons quelques regrets avec notre décision (pas plus que si nous avions fais un autre choix, c’est sûr). Nous avons pris du plaisir durant ces années et nous sommes convaincus que nos enfants ont été bénis au travers de ces années. Si vous faites le même choix, autorisez-vous à y prendre du plaisir: aimez l’école, aimez les enseignants, aimez les enfants que vous allez y rencontrer, et aimez même les challenges. Dieu peut tous les utiliser.

(S’il vous plaît, prenez en compte que notre expérience, c’est notre expérience. Nous sommes qui nous sommes et où nous sommes: un contexte particulier qui n’est pas le vôtre. Nous n’avons pas choisi l’école publique dans un autre contexte que le nôtre. En vivant ailleurs ou en ayant d’autres environnements, nous aurions pu faire d’autres choix. Ce que je veux dire c’est qu’en choisissant l’école publique comme une bonne option pour nous, nous avons la ferme conviction que chaque famille doit pouvoir choisir à partir de ses propres circonstances).

Tim Challies

Tim est pasteur d'une église à Toronto et l'auteur de Challies.com, l'un des sites évangéliques les plus populaires au monde.

http://Challies.com

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